déclarations de sénateurs — Le Mois de l'histoire des Noirs

11 février 2021


L’honorable Wanda Elaine Thomas Bernard
[14:08]

Honorables sénateurs, c’est un honneur de prendre la parole ici aujourd’hui afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs. Cette année, le thème national est : « L’avenir c’est maintenant. »

Lorsque je songe à l’avenir, je pense à nos jeunes — une génération qui ne cesse de m’impressionner en raison de sa capacité à se mobiliser en vue de susciter le changement. Ils sont à l’avant-plan de l’innovation et ils réalisent les changements qu’ils souhaitent. Nous avons pu constater cette innovation tout au long de 2020 alors que de nombreux jeunes ont organisé des manifestations et y ont pris part, exigeant les changements qu’ils souhaitaient obtenir. Ces manifestations étaient, à mes yeux, une preuve de force et de résilience.

Aujourd’hui, j’attire votre attention sur un organisme dirigé par des Noirs et qui mène un travail crucial de promotion du changement. Cet organisme, Developing Young Leaders of Tomorrow, Today, ou DYLOTT, a été fondé par Candies Kotchapaw, une travailleuse sociale noire de la région du Grand Toronto. Il vise à favoriser le développement, dès aujourd’hui, des jeunes leaders de demain. Cet organisme œuvre auprès de jeunes Noirs dans les domaines de l’engagement communautaire, du leadership au niveau local, de la réalisation de soi, de la défense des droits systémiques et de l’intersectionnalité.

DYLOTT offre aussi le programme Black Diplomats Academy, qui crée un espace où les jeunes Noirs de 18 à 35 ans sont conseillés par des leaders noirs. Ce programme leur permet d’acquérir des connaissances au sujet des possibilités de carrière, des débouchés qui sont viables sur le plan économique, de la formation appropriée, de l’enseignement et du mentorat. Ainsi, ces jeunes seront en mesure d’établir des objectifs de développement durable. Un réseau de dirigeants noirs favorisera des changements systémiques durables grâce à une collaboration à l’échelle des systèmes, tant sur le plan des politiques que sur le plan communautaire. Ce modèle, qui met l’accent sur le mentorat et le leadership noirs, contribuera à outiller les jeunes Noirs de façon à ce qu’ils prennent dès maintenant leur avenir en main.

Honorables sénateurs, je rends aujourd’hui hommage à l’excellence parmi les jeunes Noirs et remercie Candies Kotchapaw, qui est un exemple de succès à l’échelle locale parmi les collectivités noires. L’organisme DYLOTT est un chef de file en matière de leadership au sein de la communauté noire et favorise l’échange des connaissances et le mentorat intergénérationnels. La voix des jeunes Noirs compte, et leurs expériences comptent tout autant.

Honorables collègues, je crois dans le pouvoir des jeunes Noirs, et ils ont tous le potentiel de réaliser et de mener le changement qu’ils souhaitent dans le monde. Merci.

L’honorable Nancy J. Hartling
[14:11]

Honorables collègues, février est le Mois de l’histoire des Noirs et une occasion de célébrer les nombreuses réalisations des Canadiens noirs d’hier et d’aujourd’hui qui continuent de contribuer à la richesse et à la diversité culturelle du Canada. C’est donc avec grand plaisir que je rends hommage à Vincent Churchill « Manny » McIntyre.

Manny McIntyre est né le 4 octobre 1918 à Gagetown, au Nouveau-Brunswick. Il a grandi dans la région de Fredericton. Déjà à un jeune âge, il excellait dans les sports. Il a joué au hockey et au baseball dans des équipes semi-professionnelles et, pendant une courte période, il a même joué pour une équipe de baseball professionnel, à savoir les Cubains de New York, dans la Negro American League.

En 1942, au cours de la Seconde Guerre mondiale, M. McIntyre s’est enrôlé dans l’armée canadienne et a joué dans les équipes de baseball et de hockey de l’armée. Il a ensuite obtenu une libération honorable en raison d’une blessure causée par des travaux miniers qui était passée inaperçue lors de son enrôlement.

Le 30 mai 1946, il a été le premier Canadien noir de l’ère moderne du baseball à signer un contrat professionnel en tant qu’arrêt-court avec les Canadiens de Sherbrooke, soit seulement quelques semaines après que le légendaire Jackie Robinson eut franchi la barrière de la couleur dans le baseball professionnel américain.

M. McIntyre a eu une carrière de hockeyeur remarquable, qui a commencé dans sa région en 1937, où il a joué dans la ligue de hockey senior avec les Merchants de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, et les Bearcats de Truro, en Nouvelle-Écosse. Puis, il a déménagé à Timmins, en Ontario, où il a travaillé dans une mine d’or et a rencontré les frères Herb et Ossie Carnegie, qui étaient également des hockeyeurs noirs. Les trois hommes ont formé une ligne d’attaque bien connue dans l’univers du hockey semi-professionnel et se sont donné le surnom « Black Aces » pour souligner leurs origines africaines. En 1947, M. McIntyre et Ossie Carnegie ont même joué pendant une saison en Europe, où ils se sont joints au Racing Club de Paris, en France. Encore une fois, ils étaient les seuls joueurs noirs de l’équipe.

Inutile de dire que M. McIntyre a subi du racisme et de la discrimination et a vécu de l’isolement au cours de sa carrière sportive, surtout quand il se rendait aux États-Unis avec les Canadiens de Sherbrooke. À un moment de sa carrière, ces problèmes et une blessure récurrente l’ont poussé à prendre sa retraite et à retourner chez lui, où il se sentait plus respecté.

Les exploits sportifs de Manny McIntyre ont été reconnus lorsqu’il a été intronisé au temple de la renommée des sports d’Oromocto, de Fredericton et de Timmins. Il a été intronisé au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick et au Panthéon des sports canadiens. Il a été nommé comme candidat au Temple de la renommée du baseball canadien et sera intronisé au Temple de la renommée sportive des Maritimes en septembre 2021.

Je remercie mon cher ami et collègue travailleur social John Lutz d’avoir porté l’histoire de Manny McIntyre à mon attention et de s’être dévoué pour qu’on rende hommage à son idole de jeunesse. Merci.

L’honorable Mobina S. B. Jaffer
[14:14]

Honorables sénateurs, je veux aussi parler du Mois de l’histoire des Noirs et présenter le travail de jeunes leaders de ma province.

Au cours de l’été dernier, j’ai eu le grand honneur de participer à distance à un forum réunissant de jeunes leaders d’origine africaine en Colombie-Britannique.

Tout d’abord, nous avons entendu Fatima Diriye, qui a parlé des répercussions de la COVID-19 sur les jeunes d’ascendance africaine. Elle nous a décrit les conséquences qu’elle subit en tant que propriétaire noire d’une petite entreprise. Malgré les défis qu’elle doit relever pendant la pandémie, Fatima nous rappelle qu’à quelque chose, malheur est bon. Après la pluie, le beau temps.

Samantha Musoki a prononcé une allocution émouvante sur l’importance pour les communautés de créer des débouchés pour les jeunes d’origine africaine. Elle a parlé de son expérience directe de travail auprès des jeunes ainsi que de son vécu de jeune Noire. Samantha a invité les professionnels et les personnes en position d’autorité à se demander ce qu’ils peuvent faire personnellement pour améliorer le sort de leur collectivité.

Mariam Arafati a parlé des répercussions de la COVID-19 sur les jeunes mères qui ont été forcées de rester à la maison soit à cause de la difficulté de trouver des services de garde d’enfant abordables, soit parce qu’elles ont perdu leur emploi ou n’arrivent pas à en trouver un, soit pour toutes ces raisons. Elle veut savoir « ce que le gouvernement de la Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral peuvent faire pour réduire le stress et la pression que les mères doivent supporter à cause der la COVID-19 ». Quelles mesures de soutien en santé mentale leur sont offertes?

Godas Muhoza est musicienne et artiste. Elle nous a donné un aperçu des répercussions de la COVID-19 sur les musiciens et leur bien-être financier. Même confrontée à de multiples obstacles et à l’incertitude, elle voit sa communauté se rassembler contre le racisme. À son avis, la musique est l’un des éléments qui l’uniront.

Enfin, nous avons entendu Lilian Mayombo, une jeune femme remarquable et une poète extrêmement talentueuse. Lilian a généreusement lu deux poèmes originaux pour le forum. Chaque mot qu’elle a prononcé m’a émue. J’aimerais terminer par un seul vers du deuxième poème que Lilian a récité pour nous : « Ensemble, avec nos leaders, rien n’est impossible. »

Honorables sénateurs, après avoir entendu les éloquents exposés de ces jeunes gens, je suis persuadée que ce sont eux qui continueront la lutte pour un meilleur avenir pour le Canada. Merci.