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COMMENT & POURQUOI
L’huissier du bâton noir, un serviteur royal au Parlement
26 novembre 2018

Dans le contexte canadien, le rôle de l’huissier du bâton noir semble ancré dans la tradition parlementaire et empreint de mystère. Cela dit, il est très facile de comprendre la raison d’être de ce poste au Parlement.

L’huissier du bâton noir est nommé par le gouverneur en conseil, c’est-à-dire qu’il est nommé par le gouverneur général sur recommandation du premier ministre. Il est le serviteur personnel et le messager de la reine au Parlement et aussi le plus haut fonctionnaire protocolaire du Sénat. En d’autres termes, c’est le travail de l’huissier d’exécuter les tâches que la reine — ou plus communément, le gouverneur général — voudrait voir accomplies.

En octobre 2013, J. Greg Peters a été nommé au poste d’huissier du bâton noir, ce qui fait de lui le serviteur personnel et le messager de la reine (ou du gouverneur général) au Parlement. Sa nomination par le gouverneur en conseil lui confère le statut de plus haut responsable du protocole au Parlement et le charge de fonctions liées à la sécurité, aux cérémonies et au protocole.

L’huissier du bâton noir transporte un bâton en ébène avec des pointes dorées : il s’agit donc littéralement d’un bâton noir, d’une taille semblable à celle d’une canne pour marcher. Ce bâton noir symbolise l’autorité de l’huissier au Sénat, de la même façon que certains officiers militaires portent un bâton sur le champ de bataille ou sur la place d’armes pour indiquer que ce sont eux qui mènent.

L’huissier du bâton noir, que l’on appelle communément « l’huissier » sur la Colline du Parlement, est chargé de coordonner les cérémonies d’État qui ont lieu au Parlement. Parmi ces cérémonies figurent l’installation des gouverneurs généraux, l’assermentation des nouveaux sénateurs, l’ouverture d’une législature, le discours du Trône et les cérémonies de sanction royale.

Par exemple, l’huissier joue le rôle de premier plan dans l’organisation de tous les aspects du discours du Trône, un discours prononcé à l’ouverture de chaque nouvelle session parlementaire et dans lequel le gouvernement expose ses plans, ses priorités et ses objectifs. À l’aide du bâton noir, l’huissier donne trois coups à la porte de la Chambre des communes pour aviser officiellement les députés que « c’est le désir » de la reine ou du gouverneur général qu’ils se rendent « immédiatement » au Sénat pour entendre le discours.

Chaque jour où le Sénat siège, la séance commence par le défilé du Président, une procession de deux minutes au cours de laquelle le Président et certains fonctionnaires du Sénat se déplacent du bureau du Président vers la Chambre du Sénat. Un membre du personnel de sécurité ouvre le défilé, suivi de l’huissier.

L’huissier est aussi officiellement responsable de la sécurité au sein de la Chambre haute du Parlement du Canada et de ses tribunes. Ultimement, c’est lui qui décide qui a le droit d’entrer dans la Chambre du Sénat, selon les directives données par le Président.

Créé en Angleterre en 1348, le poste d’huissier du bâton noir a été adopté par les parlements des autres pays du Commonwealth qui fonctionnent selon le modèle britannique. D’ailleurs, bon nombre des traditions parlementaires du Canada nous viennent du Parlement du Royaume-Uni.

Ce poste est calqué sur celui de gentilhomme huissier de la verge noire (Gentleman Usher of the Black Rod), que l’on retrouve à la Chambre des lords du Royaume-Uni. En fait, le Sénat canadien a utilisé ce même terme jusqu’en 1997, année où Mary C. McLaren est devenue la première femme à occuper ce poste. L’usage de ce titre a alors fait l’objet d’un vote au Sénat. Depuis, au Canada, on dit « huissier du bâton noir » s’il s’agit d’un homme et « huissière du bâton noir » s’il s’agit d’une femme. (Au Royaume‑Uni, lorsqu’une femme occupe ce poste, on l’appelle Lady Usher of the Black Rod).

Greg Peters, membre retraité de la Gendarmerie royale du Canada, a été nommé huissier du bâton noir par le gouverneur en conseil en 2013. Le 1eroctobre 2018, le gouverneur en conseil a renouvelé son mandat. M. Peters est le 17ehuissier du Sénat.

L’huissier supervise également le Programme des pages du Sénat. Les pages sont des étudiants universitaires qui travaillent au Sénat et qui offrent différents services, tels que : distribuer des rapports et d’autres documents aux sénateurs, transmettre des messages, effectuer des courses pour les sénateurs et activer la sonnerie qui annonce la tenue d’un vote et le début ainsi que la fin de chaque séance. En plus de jouer divers rôles lors de cérémonies importantes, les pages du Sénat ont la responsabilité de soutenir le travail des sénateurs lors des réunions de comités.

Le tout premier bâton noir du Canada a été fabriqué à Montréal en 1845 et était employé au Parlement du Canada-Uni (qui englobait ce qui allait devenir l’Ontario et le Québec). On a continué à utiliser ce bâton après la Confédération canadienne, en 1867, et il est resté en usage jusqu’à ce qu’il soit détruit dans l’incendie qui a rasé l’édifice du Centre à Ottawa en 1916. Un nouveau bâton a alors été fabriqué par Garrard & Co. Ltd., les joailliers de la Couronne, à Londres, en Angleterre, en 1917-1918. En 2016, après un siècle d’utilisation, ce bâton noir a été restauré. Cette restauration royale est un cadeau que Sa Majesté la reine Élisabeth II a offert au Canada pour souligner son 150e anniversaire en 2017.

Le bâton utilisé aujourd’hui est surmonté d’un lion d’or finement sculpté qui tient un bouclier décoré du monogramme royal. De plus, le pommeau central du bâton compte désormais une gravure portant le nom de la reine Élisabeth II et le monogramme royal, immortalisant ainsi son règne historique à même cet important symbole parlementaire canadien. 

 

L’huissier du bâton noir se sert de son bâton d’orateur, c’est-à-dire du bâton noir, pour donner trois coups sur les portes de la Chambre des communes et inviter les députés, au nom de la reine ou du gouverneur général, à assister à l’ouverture d’une législature, à un discours du Trône ou à une cérémonie de sanction royale dans la Chambre du Sénat.

L’huissier du bâton noir, J. Greg Peters, présente le bâton noir actuellement en usage. En 2016, ce bâton a fait l’objet d’une restauration royale, un cadeau offert au Sénat du Canada par la reine Élisabeth II à l’occasion du sesquicentenaire de la Confédération. L’étui en velours vert date de l’époque de la présentation du bâton noir au premier ministre du Canada, Robert Borden, le 21 juin 1918.

L'huissier du bâton noir, J. Greg Peters, reçoit le bâton noir restauré de Sa Majesté la reine Élisabeth II.