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Perspectives — Du 20 au 23 novembre 2018
28 novembre 2018
OPINIONS

La semaine dernière au Sénat : la protection des droits des francophones, la mise à jour économique de l’automne du gouvernement et l’hommage aux équipages de la marine et de la Garde côtière.

Le gouvernement

Pour la première fois cette année, j’ai eu l’occasion de coprésider, en collaboration Judith G. Seidman, un événement de réseautage avec les étudiantes de l’Université McGill « McGill – Femmes au Parlement ». Créé en 2001 par des étudiantes, ce forum de deux jours permet aux participantes d’assister à de multiples conférences, des panels de discussions et des occasions de mentorat avec des députées et des sénatrices.

L’Université McGill est une grande fierté et un joyau pour Montréal et le Québec. Cette institution de renommée internationale accueille des étudiants de partout dans le monde. Lors de cette soirée, j’ai rencontré de jeunes femmes passionnées, impliquées et d’une belle diversité. Des femmes de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et même de la France qui ont décidé de s’établir à Montréal pour étudier.

À titre de doctorante de l’Université McGill, j’y ai constaté une grande ouverture sur le monde. Comme jeune montréalaise francophone, j’ai pu soumettre une thèse de doctorat qui comptait plus de 800 pages, et ce, entièrement en français. McGill m’a permis de développer un esprit critique et de toujours penser hors du cadre traditionnel. Pour ce, je leur en serai toujours reconnaissante. J’ai constaté, en rencontrant les jeunes étudiantes, que c’est toujours le cas et cela est à la fois très inspirant et prometteur pour l’avenir.

Notre pays est cosmopolite, multiculturel et accueillant. Je souhaite que Toronto, la plus grande ville canadienne, puisse s’inspirer de Montréal qui accueille des étudiants de partout dans le monde dans ses universités francophones et anglophones et qu’elle puisse un jour avoir l’immense privilège d’offrir aux universitaires l’occasion d’étudier dans la langue officielle de leur choix.


Opposition

La semaine dernière, le ministre des Finances a déposé la mise à jour économique des libéraux. Il ne faut pas s’étonner que le gouvernement manque à sa dernière promesse électorale de revenir à l’équilibre budgétaire en 2019. En fait, le déficit budgétaire de l’an prochain sera plus élevé que ce qui avait été prévu il y a quelques mois seulement dans le budget de 2018.

Selon la mise à jour présentée jeudi, le gouvernement ne présentera jamais un budget équilibré et n’a établi aucun plan pour rétablir l’équilibre. Au lieu de cela, les dépenses de ce gouvernement demeurent incontrôlables et ne laissent aucune marge de manœuvre en cas de ralentissement économique.

Le directeur parlementaire du budget a signalé le mois dernier que, dans cinq ans seulement, d’ici 2023-2024, le service de notre dette coûtera 37 milliards de dollars. Pour mettre les choses en perspective, l’énoncé économique de l’automne nous endette à un point tel que, d’ici cinq ans, nous dépenserons à peu près le même montant pour les paiements d’intérêts que pour l’ensemble du Transfert canadien en matière de santé.

La mise à jour économique de l’automne du gouvernement ajoute 17,1 milliards de dollars en nouvelles mesures, mais elle ne tient toujours pas compte de la baisse de compétitivité du Canada, un fait souligné par le célèbre économiste Jack Mintz. Le gouvernement hypothèque l’avenir de nos enfants parce qu’il est incapable de gérer efficacement les finances de notre pays.


Sénateurs libéraux indépendants

Le 20 novembre marquait la Journée annuelle de la Marine et de la Garde côtière sur la Colline. Cette journée spéciale offre aux parlementaires l’occasion de célébrer le Canada en tant que nation maritime et de rendre hommage aux efforts de nos braves hommes et femmes qui assurent la sécurité de notre pays en mer et ailleurs.

La Ligue navale du Canada et des parlementaires de tous les partis ont organisé les activités de la semaine dernière en guise de remerciement pour les sacrifices importants consentis par nos marins. Ce matin-là, à la Chambre du Sénat, nous avons rendu hommage à huit marins pour leur bravoure et leur dévouement à assurer la sécurité du Canada.

La Marine royale canadienne se déploie depuis longtemps dans le monde entier en temps de paix et en temps de conflit pour assurer la sécurité des régions et défendre les alliés et les partenaires au besoin. Notre Garde côtière canadienne fournit des services de déglaçage, protège nos frontières nordiques et fournit de précieux services de recherche et de sauvetage dans nos eaux.

Depuis 1985, la Ligue navale du Canada appuie une marine et une garde côtière fortes et prêtes à surveiller nos intérêts maritimes, et appuie les programmes des cadets de Ligue navale et de la Marine royale canadienne.

En tant que fier Haligonien, c’est toujours un plaisir pour moi d’appuyer leurs efforts, non seulement lorsqu’ils visitent la Colline du Parlement, mais chaque jour de l’année. Nous devrions tous manifester notre appui aux braves hommes et femmes de la marine et de la Garde côtière du Canada, et les remercier pour leur service indéfectible envers notre pays.


Groupe des sénateurs indépendants

La semaine dernière, j’ai présenté au Sénat la motion 410, dans la foulée des compressions budgétaires du gouvernement de l’Ontario qui ont suscité une vague d’inquiétude chez les Franco-ontariens.

En tant que sénatrice du Québec, j’estimais qu’il était de mon devoir de présenter cette motion en solidarité avec mes consœurs et confrères francophones dans le reste du pays. D’ailleurs, l’écriture de cette motion fut un exercice collectif de quelques sénatrices et sénateurs francophones qui représentent des communautés en situation minoritaire et le Québec.

Notre but était de faire entendre la voix d’un Sénat uni, au-delà de toute partisanerie sur la question des droits linguistiques et d’exhorter le gouvernement du Canada à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la défense de 500 000 Franco-ontariens.

Le débat sur la motion a commencé jeudi dernier. Les huit sénateurs, qu’ils soient indépendants, conservateurs ou libéraux, francophones ou anglophones, qui ont pris la parole ont tous exprimé leur soutien à la motion en rappelant à quel point les deux langues officielles constituent un fondement de notre pays.

La sénatrice franco-ontarienne Forest-Niesing a souligné qu’elle avait participé aux durs combats des francophones du Nord de l’Ontario pour la reconnaissance de leurs droits. La sénatrice franco-manitobaine Gagné a expliqué la genèse et l’importance du projet d’Université de l’Ontario français, qui a été abandonné par le gouvernement ontarien. Pour sa part, le sénateur Harder de l’Ontario a relevé que «…le moment est venu aujourd’hui pour le Sénat de devenir le leader qu’il devrait être et d’appuyer cette motion».

Le sénateur Maltais a appelé le Sénat à appuyer la motion à l’unanimité en nous rappelant que le peuple francophone est au Canada depuis ses débuts en 1534 alors que la sénatrice manitobaine Bovey a conclu ainsi: « Comment les anglophones parmi nous réagiraient-ils si les universités, les organismes culturels et les services de langue anglaise leur étaient soudainement enlevés? »