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Perspectives — Du 24 au 26 octobre 2018
30 octobre 2018
OPINIONS

La semaine dernière au Sénat : Loi instituant la Semaine de promotion de l’apprentissage des compétences essentielles, la taxe fédérale sur le carbone et la captivité des baleines et des dauphins.

Gouvernement 

Avec l’arrivée de la quatrième révolution industrielle, il est particulièrement important de réfléchir aux exigences liées à la transformation des emplois au Canada. C’est pourquoi j’ai déposé mon tout premier projet de loi au Sénat, la Loi créant la semaine de promotion de l’apprentissage des compétences essentielles (S-254).

Obtenir un diplôme n’est plus suffisant pour faire face aux défis du marché du travail. L’accès à des formations liées aux compétences essentielles en milieu de travail et au sein des communautés est indispensable pour permettre aux Canadiens de demeurer actifs dans leur vie professionnelle. Les compétences essentielles d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier et ne seront pas celles de demain.

Parmi les défis qui guettent les prochaines générations, pensons à l’intelligence artificielle qui menace les emplois et les travailleurs dans les secteurs manufacturier, médical, du transport et de l’énergie, entre autres. Pour affronter ce défi de taille, il est vital que les Canadiens développent leurs compétences dites de base, c’est-à-dire, la lecture, l’écriture, l’informatique et les compétences numériques, sans oublier la capacité de raisonnement et le travail d’équipe. Et même si notre pays figure en haut de la liste des pays les plus scolarisés, il reste du travail à faire en ce qui a trait au développement de ces compétences. En moyenne, près d’un Canadien sur deux en âge de travailler ne possède pas les compétences minimales pour se trouver un emploi décent. Cela veut dire qu’une personne sur deux qui perd un bon emploi aujourd’hui risque de se retrouver dans un emploi précaire. On peut et on doit faire mieux.

La création de cette semaine permettra donc de susciter le dialogue et le leadership collectif dont les provinces et le Canada ont besoin afin de mettre en place des outils et une stratégie nationale qui permettront de développer les compétences essentielles.


Opposition

Récemment, les libéraux ont déclaré que leur taxe sur le carbone allait « réduire la pollution par le carbone au Canada de 80 à 90 millions de tonnes en 2022 », alors que leurs propres documents internes contredisent cette affirmation et prédisent une réduction de 35 % inférieure à ces chiffres

De toute manière, la politique du gouvernement sera sans effet sur les émissions mondiales.  Au mieux, la taxe sur le carbone permettra de réaliser une infinitésimale fraction des réductions qui pourraient être obtenues simplement en éliminant graduellement les grandes centrales thermiques alimentées au charbon.  En remplaçant une seule de ces centrales par une centrale nucléaire, on éliminerait le même volume d’émission que si 1,5 million de personnes remplaçaient leur voiture à essence par une voiture électrique.

Et ce n’est pas au Canada de faire des changements à cet égard. L’Inde utilise le charbon comme principale source d’énergie. Le Japon a construit huit centrales au charbon dans les deux dernières années et prévoit d’en construire 36 autres au cours de la prochaine décennie. La Chine est en train de construire des centrales au charbon capables de générer 259 gigawatts de puissance, lesquels s’ajouteront aux 993 gigawatts déjà produits par ce pays.

À titre de comparaison, le parc d’installation de l’Ontario Power Generation génère 17 gigawatts.  Une taxe sur le carbone serait à la fois inutile et injuste, et les Canadiens n’en veulent pas. 

Les exploitations agricoles et les petites entreprises verront augmenter leurs dépenses incompressibles, alors que les grandes sociétés, elles, bénéficieront d’exemptions de la part du gouvernement fédéral. 


Libéraux indépendants au Sénat

La semaine dernière, à notre grand bonheur, le Sénat a enfin adopté le projet de loi S-203, Loi visant à mettre fin à la captivité des baleines et des dauphins. Cette mesure, que l’on doit à notre ancien collègue Willie Moore, languissait à la Chambre rouge depuis près de trois ans. 

Le projet de loi modifie les dispositions portant sur la cruauté envers les animaux pour interdire graduellement la mise en captivité des baleines et des dauphins tout en continuant d’en autoriser le sauvetage et la réadaptation. Les personnes qui ont déjà des baleines ou des dauphins en captivité seraient autorisées à les garder, mais ne pourrait les faire reproduire. De plus, le projet de loi interdit l’importation et l’exportation de baleines, de dauphins et de marsouins et de matériel reproductif de cétacés.

Durant les 150 semaines qu’a duré son passage au Sénat, le projet de loi a suscité de vives objections de la part de certains sénateurs et a donné lieu à des échanges très animés. Le Comité des pêches et des océans a étudié le projet de loi pendant plusieurs mois, lui consacrant 16 réunions lors desquelles il a recueilli les témoignages de nombreux experts canadiens et étrangers très qualifiés en ce qui a trait au bien-être des baleines et des dauphins en captivité. 

Des milliers de Canadiens ont manifesté leur soutien par des appels téléphoniques et des courriels. Beaucoup pensent qu’il n’est plus acceptable de garder des baleines et des dauphins en captivité et de leur faire faire des tours d’adresse pour nous divertir. Finalement, la plupart des sénateurs se sont entendus et le projet de loi a été renvoyé à la Chambre des communes. Nous avons bon espoir que la vision de l’ancien sénateur Willie Moore, qui voulait mettre fin à la captivité des baleines et des dauphins, se concrétisera bientôt.