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OPINIONS
Valoriser les droits linguistiques : Sénateurs Cormier, Forest-Niesing, Gagné, Moncion
29 novembre 2018
image René Cormier
René Cormier
GSI - (Nouveau-Brunswick)
image Lucie Moncion
Lucie Moncion
GSI - (Ontario)
image Raymonde Gagné
Raymonde Gagné
GSI - (Manitoba)
image Josée Forest-Niesing
Josée Forest-Niesing
GSI - (Ontario)

Nous nous adressons à vous d’une seule voix afin de susciter un dialogue ouvert, honnête et respectueux sur la place du bilinguisme et de la dualité linguistique au Canada. Une succession d’évènements récents dans nos provinces du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et du Manitoba témoigne d’une tendance fort inquiétante pour l’avenir du français et de nos communautés de langues officielles.

 La résurgence du questionnement de la place du bilinguisme, de la dualité linguistique et des communautés de langue officielle en situation minoritaire, soulève de vifs questionnements sur la santé de notre vie démocratique.

Le 15 novembre dernier, nous apprenions l’élimination du poste du Commissaire aux services en français de l’Ontario et le retrait du financement au projet de l’Université de l’Ontario français dans l’énoncé économique du gouvernement de l’Ontario.

Loin de constituer une dépense inutile, le Commissariat aux services en français (CSF) de cette province joue un rôle crucial dans l’avancement de dossiers clés tels que l’accès aux services de santé en français, à la justice et à l’immigration francophone.

En plus, le CSF a cosigné des rapports percutants avec le Commissariat aux langues officielles du Canada et le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick et a développé une expertise dans l’offre active de services dans les deux langues officielles.

Par ailleurs, l’abandon du financement du projet de l’Université de l’Ontario français marque aussi un recul important pour la francophonie canadienne et tout le pays. Ce projet aurait investi dans le développement économique de l’Ontario par la création d’emplois et la formation de travailleurs bilingues hautement qualifiés.

Il aurait répondu également au besoin criant des francophones de la région de Toronto où seulement 27 % des élèves poursuivent leurs études postsecondaires en français dû au nombre restreint de programmes universitaires disponibles en français. En décembre 2017, c’est l’ensemble de la francophonie canadienne qui applaudissait l’adoption de la loi créant cette université.

Le recul des droits linguistiques trouve aussi preneur ailleurs au pays. Par exemple, depuis la récente campagne électorale au Nouveau-Brunswick, des considérations économiques ont été mises de l’avant afin de justifier l’élimination potentielle de certaines institutions clés ayant comme mandat la mise en valeur du bilinguisme et de la dualité linguistique, dont le bureau du Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Au Manitoba, l’élimination récente du poste de sous-ministre adjoint du Ministère de l’Éducation et de formation, aussi justifiée pour des raisons économiques, fragilise l’accès des francophones à l’éducation dans leur langue.

Les droits linguistiques au Canada sont enchâssés dans la Charte canadienne des droits et libertés. L’égalité des deux langues officielles est inscrite dans la législation fédérale ainsi que dans plusieurs lois provinciales. La dualité linguistique et le bilinguisme sont les fondements mêmes de notre pays, et ensemble, nous avons su enraciner ces principes au cœur de notre histoire commune.

Le Gouvernement du Canada s’est engagé à moderniser la Loi sur les langues officielles et il aura la responsabilité de voir à sa mise en œuvre et d’en assurer la promotion dans l’ensemble des provinces et territoires.

Nous unissons ainsi nos voix à celles de 84 % des Canadiennes et des Canadiens qui appuyaient le bilinguisme et les langues officielles dans le sondage commandé par le Commissaire aux langues officielles du Canada en 2016. Le bilinguisme, la dualité linguistique et les communautés de langue officielle au Canada sont des richesses exceptionnelles pour notre pays. 

Nous vous invitons tous et toutes à contribuer à ce dialogue et à embrasser avec force et conviction ces valeurs fondamentales qui façonnent notre avenir collectif.

Le sénateur René Cormier est président du Comité sénatorial des langues officielles. Il représente le Nouveau-Brunswick.

La sénatrice Josée Forest-Niesing est sénatrice pour l’Ontario.

La sénatrice Raymonde Gagné est membre du Comité sénatorial des langues officielles. Elle représente le Manitoba.

La sénatrice Lucie Moncion est membre du Comité sénatorial des langues officielles. Elle représente l’Ontario.

 

Cet article a été publié le 22 novembre 2018 sur le site Web Francopresse.