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Délibérations du comité sénatorial permanent des
Peuples autochtones

Fascicule 13 - Témoignages du 23 juin 2009


OTTAWA, le mardi 23 juin 2009

Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones se réunit aujourd'hui, à 9 h 30, afin d'étudier les responsabilités constitutionnelles, conventionnelles, politiques et juridiques du gouvernement fédéral à l'égard des Premières nations, des Inuits et des Métis et d'autres questions générales relatives aux peuples autochtones du Canada (sujet : mise à jour sur les efforts pour contrer la vague de grippe H1N1 au sein des collectivités des les Premières nations.)

Le sénateur Gerry St. Germain (président) occupe le fauteuil.

[Traduction]

Le président : Bonjour. J'aimerais souhaiter la bienvenue à tous les honorables sénateurs, au public et à tous ceux dans le pays qui regardent ces délibérations sur CPAC ou sur Internet.

Je suis le sénateur St. Germain, de Colombie-Britannique, et je suis également le président de ce comité, dont le mandat est d'examiner les projets de loi ainsi que toute autre question concernant les peuples autochtones du Canada. Aujourd'hui, notre comité cherche à obtenir des réponses. Les membres du comité ont exprimé leur souhait d'avoir une mise à jour sur les efforts déployés pour faire face à la vague de grippe H1N1 dans les Premières nations.

[Français]

Nous recevons aujourd'hui des témoins d'une organisation autochtone nationale ainsi que des fonctionnaires pour nous tracer le portrait de la situation en ce qui a trait aux efforts déployés pour contrer la vague de grippe H1N1 chez les Premières nations.

[Traduction]

Laissez-moi d'abord vous présenter les membres du comité ici présents. À ma gauche se trouve le vice-président, le sénateur Sibbeston, des Territoires du Nord-Ouest. À côté de lui est assis le sénateur Brazeau, du Québec. Nous avons ensuite le sénateur Lang, du Yukon; le sénateur Lovelace Nicholas, du Nouveau-Brunswick; le sénateur Dyck, de la Saskatchewan, et le sénateur Hubley, de l'Île-du-Prince-Édouard. À ma droite, vous voyez le sénateur Peterson, de la Saskatchewan; ensuite, le sénateur Campbell, de Colombie-Britannique; le sénateur Watt, du Québec; et enfin, le sénateur Carstairs, du Manitoba.

Sénateurs, permettez-moi de vous présenter les témoins que nous entendrons ce matin. D'abord, de l'Assemblée des Premières Nations, nous recevons Dre Kim Barker, conseillère principale en santé publique.

Docteure Barker, nous vous remercions d'être parmi nous ce matin. Je sais que vous avez eu un court préavis, mais heureusement, vous avez pu venir. Je vous demanderais de bien vouloir garder vos remarques préliminaires les plus précises et concises possibles afin de laisser aux sénateurs le temps de vous poser des questions.

Si vous êtes prête à commencer, je vous cède la parole.

Dre Kim Baker, conseillère principale en santé publique, Assemblée des Premières Nations : Merci beaucoup.

[Français]

D'abord, je veux vous dire que je parlerai en anglais aujourd'hui.

[Traduction]

Je tiens à remercier le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones de m'accorder cette occasion de témoigner au nom de l'Assemblée des Premières Nations. Je félicite votre comité pour la rapidité et la diligence dont il fait preuve pour s'occuper de cet important problème de santé. Comme vous le savez, l'Assemblée des Premières Nations est l'organisme national qui représente les citoyens des Premières nations de partout au Canada.

On a signalé de plus en plus que le virus H1N1 frappait très durement un nombre croissant de collectivités des Premières nations. Il convient d'apporter immédiatement trois précisions très importantes au sujet de cette pandémie. D'abord, le virus H1N1 a jusqu'à présent entraîné des symptômes bénins, et il y a eu peu de décès au Canada. En fait, en date de la semaine dernière, le nombre total d'infections au Canada était de 6 457, dont 404 cas ayant nécessité une hospitalisation et 15 autres ayant causé la mort.

Vous avez peut-être entendu certains médias rapporter que le virus H1N1 avait entraîné moins de décès que c'est habituellement le cas pendant une saison de grippe normale. Il est certainement heureux que le virus H1N1 n'ait pas été plus virulent, car si tel avait été le cas, les effets auraient été dévastateurs pour les collectivités des Premières nations. J'y reviendrai plus en détail dans un moment.

Quoi qu'il en soit, j'aimerais soulever un deuxième point important : malgré le fait que la majorité des cas de grippe H1N1 aient été bénins jusqu'ici, nous avons de bonnes raisons de nous inquiéter des effets potentiels de ce virus sur les membres des Premières nations. Nous devons nous soucier du virus H1N1 car, conformément à la mise en garde de l'Organisation mondiale de la santé, le virus H1N1 pourrait revenir sous une forme plus virulente cet automne. Si l'on n'apporte aucune amélioration à la planification et aux services, nous craignons qu'une augmentation de la virulence de ce virus puisse avoir des conséquences tragiques pour les collectivités des Premières nations.

Troisièmement, l'Organisation mondiale de la santé a indiqué clairement qu'il existait un lien entre la gravité des cas d'influenza au sein des collectivités des Premières nations et les maladies chroniques préexistantes : on vit dans des logements médiocres et surpeuplés, l'accès à l'eau potable est déficient et les soins de santé sont de qualité inférieure.

Le Sous-comité sénatorial sur la santé des populations a récemment publié un excellent rapport traitant des impacts des déterminants sociaux sur la santé et sur les résultats en matière de santé. Il faut également tenir compte de l'impact des déterminants sociaux sur la santé en cas de pandémie de grippe.

Nous savons que des conditions comparables à celles des pays en développement existent dans bien des collectivités des Premières nations. Au Canada, cela a placé nos collectivités au plus haut niveau de risque qui soit. Comme l'a fait remarquer le Dr Joel Kettner, médecin-hygiéniste en chef du Manitoba, c'est parmi les peuples des Premières nations qu'on compte les cas les plus graves dans cette province. D'un point de vue démographique, les Premières nations sont surreprésentées en matière de cas graves.

D'après les chiffres du Dr Kettner, les deux tiers des 24 Manitobains atteints du virus H1N1 qui se sont retrouvés dans les unités de soins intensifs en ayant besoin d'une ventilation artificielle sont des membres des Premières nations. Étant donné que les Autochtones représentent seulement 10 à 15 p. 100 de la population de la province, ces deux tiers des patients branchés à un ventilateur mécanique attestent d'une trop grande proportion de maladie chez cette population.

En outre, qu'il soit question de la pandémie de 1918 ou des fréquentes manifestations de tuberculose dans les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan, nous savons d'expérience que ce sont les Premières nations qui ont été et qui sont les plus vulnérables. Le gouvernement fédéral doit s'acquitter de sa responsabilité de fiduciaire à l'égard des Premières nations afin qu'elles jouissent du même niveau et de la même qualité de soins de santé et de protection que les autres Canadiens. Toutefois, il n'est pas possible d'atteindre ce même niveau de soins par la simple application de stratégies pancanadiennes d'intervention en cas de pandémie. Ce n'est pas ainsi qu'on parviendra aux mêmes résultats.

Un plan de lutte contre la pandémie pour les Premières nations doit tenir compte des facteurs géographiques, des déterminants sociaux de la santé, des problèmes de santé préexistants et des arrangements intersectoriels uniques qui composent le système de soins de santé des Premières nations.

J'aimerais maintenant revenir sur la remarque que j'ai faite plus tôt, lorsque j'ai déclaré que c'était une bonne chose que le virus H1N1 n'ait pas été pas plus virulent, car il aurait pu dévaster les collectivités des Premières nations.

Sachant déjà que les Premières nations constituent un groupe hautement vulnérable à une pandémie, et étant conscients des réalités sociales qui existent dans beaucoup trop de nos collectivités, nous avons d'autres préoccupations quant à la manière dont les épidémies ont été gérées jusqu'à maintenant. Ces deux derniers mois, alors que le virus H1N1 se propageait dans le nord du Manitoba et en Ontario, des collectivités des Premières nations ont été victimes de retards dans la réception de fournitures médicales dont on avait besoin de toute urgence, d'une rupture de communication entre les gouvernements provinciaux et fédéral et d'un manque d'uniformité dans la gestion de l'épidémie entre les provinces.

Il est également apparu clairement que les mesures destinées à contenir le virus n'étaient pas adaptées aux réalités sociales des membres des Premières nations. Par exemple, on a dit à ces derniers d'éviter les contacts avec les autres, même si la plupart d'entre eux vivent dans des logements exigus et surpeuplés. De la même façon, on leur a dit de se laver les mains fréquemment, malgré le fait qu'ils soient nombreux à ne pas avoir l'eau courante dans leurs maisons. Ce n'est pas une stratégie efficace pour faire face à la crise.

J'aimerais vous signaler certaines de nos autres inquiétudes à l'égard de l'épidémie au Manitoba. Dans le cas de St. Theresa Point, au Manitoba, le poste de soins infirmiers de cette collectivité de 3 200 habitants a enregistré 1 356 personnes de la collectivité — soit plus d'un tiers de sa population — ayant signalé une maladie au cours du mois de mai. Cinq cent soixante-sept habitants de cette communauté ont fait état de symptômes respiratoires.

Au cours de ce mois de mai, l'accès aux services de soins de santé n'a pas augmenté. En fait, d'autres collectivités des Premières nations, comme celle de Norway House, par exemple, ont dû sacrifier leurs propres infirmières pour pouvoir offrir des services à d'autres collectivités aux prises avec des taux élevés de maladie. Qui plus est, on n'a envoyé aucun antiviral à la collectivité avant le 3 juin, date où on a révélé que 12 résidents de St. Theresa Point avaient été envoyés à Winnipeg au moyen des services d'évacuation sanitaire, puis hospitalisés parce qu'ils étaient atteints du virus. Entre- temps, des centaines de résidents de St. Theresa Point souffraient de symptômes apparentés à ceux de la grippe.

Alors que le virus gagnait Garden Hill, au Manitoba, on tardait toujours à intervenir. Le 3 juin, on confirmait le premier cas de virus H1N1 à Garden Hill. Des fournitures telles que des masques, des gants, du matériel de désinfection et des antiviraux ont été commandés pour la communauté. Néanmoins, ces fournitures ont mis tellement de temps à arriver que le chef lui-même a dû parcourir des centaines de milles en automobile pour en acheter. Lorsqu'il est venu à Ottawa la semaine dernière, et qu'il a rencontré le ministre de la Santé ainsi que des représentants de l'Agence de la santé publique du Canada, on lui a dit que les masques n'étaient pas nécessaires et que, par conséquent, on ne lui rembourserait pas les achats qu'il avait effectués pour sa communauté.

Encore une fois, j'insiste sur le fait que si le virus H1N1 avait été plus virulent, ces collectivités auraient été dévastées.

Comparons la situation qui a eu lieu au Manitoba avec la récente éclosion du virus en Ontario. Les 13 et 14 juin, lorsque 10 cas du virus H1N1 ont été confirmés dans la Première nation de Sandy Lake, dans le Nord de l'Ontario, 500 traitements de Tamiflu, le médicament antiviral contre la grippe, ont été envoyés sur-le-champ. Les directives étaient de fournir le médicament à quiconque présentait des signes de maladie, en renonçant à mener les tests habituels pour déterminer si les patients étaient effectivement atteints du virus H1N1.

L'Assemblée des Premières Nations ne veut accuser personne en particulier, mais nous tenons à souligner à ce comité l'absence d'uniformité sur le plan de la gestion de ces épidémies et, de manière tout aussi importante, à quel point le système de soins de santé manitobain est devenu paralysé avec seulement quelques collectivités touchées. Imaginons un instant que l'automne prochain, il y ait un accroissement du nombre de ces collectivités. Jusqu'à quel point le Manitoba et d'autres provinces du Canada seront-elles en mesure de faire face à la situation de manière appropriée?

Quoi qu'il en soit, avec tout le respect sincère que nous vouons aux braves personnes qui travaillent à Santé Canada, à l'Agence de la santé publique du Canada et dans les systèmes de soins de santé provinciaux, nous devons découvrir tous les faits et déceler les lacunes ou les obstacles qu'il pourrait y avoir dans le système, si nous voulons nous assurer que les Premières nations soient également préparées et protégées advenant une épidémie plus grave cet automne.

C'est pourquoi l'Assemblée des Premières Nations recommande qu'un groupe de travail indépendant soit chargé d'étudier les récentes éclosions du virus en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan, et de formuler des recommandations en vue d'assurer un modèle de service sans discontinuité. Les spécialistes de la santé chez les Premières nations doivent également participer à ce groupe de travail afin que celui-ci produise des résultats tangibles et ciblés. Il est également nécessaire que le gouvernement fédéral examine, de concert avec les provinces et les Premières nations, les protocoles de coopération entre organismes en vigueur en situation d'épidémie. Cela comprend la fonction de communication avec le public et de partage de l'information, de même qu'une simulation en grandeur réelle pour valider ces protocoles.

Il faut qu'il y ait une approche convenue et des normes pour empêcher qu'il y ait différentes approches dans le pays, ce qui pourrait laisser croire que dans certaines régions, on assure des services plus adéquats aux Premières nations que dans d'autres. De plus, nous souhaitons recommander que le gouvernement collabore avec les Premières nations afin d'élaborer et de mettre en œuvre des lignes directrices nationales en matière de services de santé d'urgence pour les Premières nations. Nous espérons que ce travail sera entrepris et réalisé d'ici l'automne.

Votre comité pourrait vouloir demander un rapport annuel sur l'état de préparation des divers ministères fédéraux concernés, jusqu'à ce qu'il soit assuré qu'un plan est en place et qu'on a procédé à des simulations pour s'assurer qu'il fonctionne comme prévu.

J'aimerais maintenant attirer votre attention sur le document intitulé Annexe B : Considérations relatives au plan de lutte contre la pandémie d'influenza pour les collectivités des Premières nations vivant dans les réserves, qu'on vous a remis au cours de la fin de semaine, je crois, dans ses versions anglaise et française. Je voudrais préciser qu'il s'agit d'une annexe au Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza, dont l'Agence de la santé publique du Canada est responsable. J'aimerais également laisser savoir à ce comité que l'Assemblée des Premières Nations a participé à l'élaboration de cette annexe, que nous appuyons pleinement.

Toutefois, je voudrais porter votre attention sur certaines réserves que nous avons à l'égard de cette annexe. Au cours des dernières semaines, nous avons entendu à maintes reprises le ministre fédéral de la Santé assurer au public que le milliard de dollars investi dans le Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza avait donné lieu à une solide préparation et à plusieurs activités partout au pays. Cet investissement a effectivement été fait. Il a été versé, et des fonds ont été attribués à l'avance pour l'élaboration de l'Annexe B. Cependant, le montant d'un milliard de dollars n'a pas servi à financer les activités prévues dans l'Annexe B, laquelle forme la portion du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza visant les épidémies dans les Premières nations. Nous savons qu'un nombre insuffisant de collectivités des Premières nations ont en place des plans de lutte contre la pandémie. La majorité d'entre elles ne sont pas prêtes à faire face à une éclosion pandémique.

De plus, nous sommes grandement préoccupés par le fait que les niveaux d'activités énumérés dans l'Annexe B pour les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral ne sont pas suffisamment appuyés pour qu'on puisse mettre en œuvre les lignes directrices telles qu'indiquées. Nous sommes d'autant plus inquiets que l'Assemblée des Premières Nations a soulevé plusieurs fois la question auprès du gouvernement fédéral depuis l'épidémie de SRAS, il y a quelques années. Nous espérions qu'on tirerait des leçons du SRAS et qu'on les appliquerait aux plans d'intervention en cas de pandémie.

Nous recommandons qu'on fasse des investissements immédiats au titre de l'Annexe B pour permettre aux Premières nations, ainsi qu'aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, de mettre en œuvre les activités décrites à l'Annexe B.

Enfin, nous avons deux autres points à souligner en ce qui concerne l'Annexe B. Premièrement, elle ne contient pas de termes qui incluent les communautés des Premières nations au nord du 60e parallèle. Nous espérons que les gouvernements collaboreront avec l'Assemblée des Premières Nations pour faire en sorte que les collectivités du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest soient également protégées. En cas d'éclosion de la maladie, nous ne voudrions pas qu'une confusion à l'égard des termes utilisés dans l'Annexe B empêche des services de santé requis de toute urgence de se rendre dans ces collectivités.

Deuxièmement, nous nous inquiétons du fait que le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien n'est peut- être pas prêt à jouer son rôle tel que décrit dans l'Annexe B. Selon ce document, à des fins de préparation et d'intervention face à la menace d'une pandémie d'influenza dans les collectivités des Premières nations vivant dans les réserves, MAINC est responsable de ce qui suit :

Assurer la continuité de sa gouvernance et de la prestation des services essentiels par la mise en œuvre de son plan opérationnel permanent de lutte contre la pandémie d'influenza; et

Gérer les urgences dans toutes les réserves du Canada, sauf lorsque la responsabilité (par exemple la santé publique) tombe sous le mandat d'un autre ministère fédéral (c'est-à-dire Santé Canada).

Jusqu'à maintenant, nous ignorons si MAINC s'est doté de plans pour s'acquitter de ses obligations. Si c'est le cas, nous ne les avons pas vus. Il est essentiel de veiller à ce que ces plans soient mis en place et que le financement voulu soit disponible pour les appuyer. Nous recommandons à votre comité d'approcher MAINC pour lui demander des éclaircissements à ce sujet.

La santé et la réussite de nos peuples des Premières nations, à mon avis, sont le plus important objectif de santé publique au Canada. Le système doit être inclusif, juste, et doit également correspondre aux besoins uniques des Premières nations. Le Plan canadien de lutte contre la pandémie n'est pas plus fort que le plus faible de ses éléments. Nous avons tous été témoins de la faiblesse de cet élément au cours des deux derniers mois.

Je tiens à remercier le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones de m'avoir donné cette occasion de m'adresser à lui. Vos questions sont les bienvenues.

Le sénateur Brazeau : Docteure Barker, vous avez cité quelques statistiques concernant des personnes ayant été atteintes par ce virus et d'autres ayant éprouvé des problèmes respiratoires. S'agit-il de données recueillies par l'Assemblée des Premières Nations, ou de données déjà citées dans les médias?

Dre Barker : Le médecin-hygiéniste provincial en chef nous envoie quotidiennement ces données. Nous tenons des téléconférences avec le Dr. Joel Kettner.

Le sénateur Brazeau : Pourriez-vous nous en dire plus sur le niveau d'engagement que vous avez obtenu du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux, de même que des dirigeants des collectivités des Premières nations concernés pour ce qui est de s'attaquer à ce dossier?

Dre Barker : Nous avons eu des téléconférences quotidiennes avec le sous-ministre adjoint de la Santé pour les Premières nations, les Inuits et les Métis, et l'Agence de la santé publique du Canada a occasionnellement participé à ces téléconférences. Nous avons pu soulever nos préoccupations et eux, de leur côté, ont pu tâcher de nous rassurer quant au fait qu'on maîtrise la situation.

Le sénateur Brazeau : Vous avez affirmé que nous ne devrions pas nous tourner vers une approche pancanadienne. Pourriez-vous nous fournir des précisions là-dessus, je vous prie?

Dre Barker : En ce moment, le plan de lutte contre la pandémie prévoit des services pour l'ensemble des Canadiens, comme si tout le monde présentait le même niveau de risque. Le plan suppose que tous les Canadiens ont la même capacité d'accéder aux services.

Ce qui nous préoccupe, c'est que le fait d'avoir des réserves d'antiviraux à Edmonton, par exemple, et de présumer qu'ils pourront être distribués également et rapidement à toutes les communautés témoigne probablement d'une vision à courte vue, compte tenu des problèmes d'accès.

Nous cherchons à élaborer des lignes directrices et à inciter le gouvernement à faire de même, pour les communautés éloignées, afin de ne pas les traiter comme les centres-villes d'Edmonton ou de Toronto.

Le sénateur Brazeau : Visiblement, la question est urgente et importante. Je crois que tous les Canadiens la prennent au sérieux. Ce matin, j'ai entendu qu'on recommande la création d'un groupe de travail; que certains, peut-être, ne sont pas d'accord avec la terminologie des préparatifs ou des stratégies mis en place; que, d'après vous, le gouvernement fédéral n'a pas donné suite convenablement aux recommandations formulées dans le sillage de la flambée du SRAS — nous parlons de responsabilités et de partage des compétences, ce qui est important; que, enfin, l'approche pancanadienne n'est pas souhaitable.

L'objectif le plus important n'est-il pas que les peuples autochtones aient accès, d'abord et avant tout, aux fournitures et aux traitements dont ils ont besoin, avant de parler des processus à mettre sur pied, ce qui prendrait plus de temps? Au lieu d'agir, nous nous empêtrerions dans ces processus et beaucoup de discussions.

Dre Barker : C'est ce que l'on craint toujours. Toutefois, je pense que vous conviendrez qu'il y a un processus à suivre si l'on veut que les choses changent. Malheureusement, ce processus est plutôt bureaucratique et lent, et c'est la raison pour laquelle nous demandons qu'il soit mis en branle avant l'automne.

Le sénateur Lang : Je tiens à ce que deux ou trois choses figurent dans le compte-rendu. Je ne sais pas comment fonctionnent les postes de soins infirmiers dans ces petites communautés. Je n'y suis jamais allé personnellement. Toutefois, je tiens d'abord à féliciter le personnel de terrain pour ce qu'il fait et pour la manière dont il s'y prend. Je suis préoccupé par l'apparente facilité avec laquelle on rejette toujours la responsabilité de beaucoup de choses sur autrui. Après coup, il est très facile de voir tous les défauts.

De votre témoignage je déduis que vous êtes en rapport constant avec l'Assemblée des Premières nations et Santé Canada sur cette question.

En mai, quand le fait a été révélé, quels conseils avez-vous donnés à Santé Canada pour que l'on puisse réagir à la situation qui a manifestement surpris tout le monde?

Dre Barker : Nous étions préoccupés par le manque de soins infirmiers dans la communauté et par le temps qu'il a fallu pour identifier l'épidémie. D'après nous, cela s'expliquerait par la rotation rapide du personnel infirmier qui ne reste sur place que 24 heures. C'est pourquoi nous avons d'abord proposé d'accroître le nombre de travailleurs permanents de la santé pour permettre une identification beaucoup plus rapide d'une épidémie.

Pour ce qui concerne les antiviraux, nous étions très préoccupés par le nombre d'évacuations sanitaires. Nous avons proposé l'emploi d'antiviraux beaucoup plus tôt dans une stratégie de traitement précoce plus énergique appliquée à la communauté. Toutefois, on nous a dit que les fondements scientifiques de cette stratégie étaient insuffisants.

Le sénateur Lang : Vous avez parlé de planification et de service d'ici à l'automne. Je partage l'inquiétude du sénateur Brazeau. Un comité ne règlera pas ce problème, pas même à l'automne, je le crains.

Qu'avez-vous demandé à Santé Canada de faire dans cette situation qui peut affecter le quotidien des gens touchés? Qu'est-ce qui peut être amélioré?

Dre Barker : Notre plus grand espoir serait que les activités énumérées à l'Annexe B soient financées. Nous sommes tous d'accord; tous les sous-ministres de la santé de partout au pays ont avalisé l'Annexe B, et nous l'avons approuvée à partir de toutes nos communautés.

Nous avons besoin du financement des activités énumérées. Comme vous pouvez le voir, on s'attend à ce que les provinces se chargent d'une multitude d'activités. Aucune ne le fera si le gouvernement fédéral ne s'engage pas à lui consentir le soutien financier nécessaire.

Le président : J'ai une petite question à vous poser. Les Premières nations étant plus touchées que les autres communautés, nous devons tous, ainsi que les provinces, être inquiets. À moins de mettre en quarantaine ces communautés, la maladie pourrait se répandre. Nous connaissons la mobilité de ces gens et, par le fait même, celle du virus.

Je comprends pourquoi nous devons nous concentrer sur les Premières nations, mais je pense que tous les Canadiens sont concernés. La plupart d'entre nous voyageons sans cesse par avion; et nous sommes probablement plus exposés, en notre qualité de politiciens, que la plupart des gens.

Je partage vos inquiétudes pour les Premières nations. C'est la raison pour laquelle nous sommes ici ce matin. Le sénateur Carstairs a proposé la tenue de cette séance. Je crois que c'était une bonne idée. Je crois cependant qu'il nous faut bien comprendre que ce problème doit revêtir une importance tout aussi grande pour les provinces et leurs populations.

Pour moi, la situation est importante pour toute la population. Qu'en pensez-vous?

Dre Barker : Je pense que vous soulevez un très bon point. J'ajouterais à cela un mot pour rassurer votre groupe : la probabilité est minime que des personnes fortunées et en bonne santé telles que vous tombent gravement malades. Nous avons observé que, chez les Canadiens comme vous, on relève des cas plutôt légers.

La réaction constatée dans les Premières nations, en général moins bien nanties, est différente. D'après nous, il faut identifier les populations à risque. Comme, en majorité, les communautés des Premières nations vivent dans la pauvreté, nous estimons que c'est le facteur qui les expose le plus au risque — tout comme les habitants des bidonvilles du Mexique.

Le sénateur Carstairs : J'ai appris que le plan élaboré pour les communautés autochtones en cas de pandémie prévoyait 3 000 $ pour chaque communauté. Dans tous les endroits dont vous avez parlé aujourd'hui — St. Theresa Point, Garden Hill —, cela équivaudrait à sortir au plus trois personnes de la communauté pour des discussions quelconques.

Comment une communauté autochtone est-elle censée pouvoir élaborer, dans le cadre de l'Annexe B, le type de planification nécessaire en cas de pandémie en disposant de 3 000 $ seulement?

Dre Barker : Nous sommes d'accord avec vous et c'est la question que nous nous posons sans cesse. L'annexe B ne vise pas à obtenir des fonds pour les communautés des Premières nations uniquement, mais du financement pour faciliter un partenariat élargi entre les régies régionales de la santé et les provinces.

Pour parler franchement, si l'épidémie se propage, nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu'Ottawa puisse desservir les 633 communautés. Il est indispensable que les autorités régionales et les provinces tissent des rapports solides pour pouvoir desservir les communautés en cas d'épidémie.

De même, une autre difficulté se pose : beaucoup de ces communautés ont connu des épidémies de suicides, de diabète et de maladie mentale. Il est difficile de demander aux chefs de faire du problème qui nous occupe une priorité alors qu'ils ont déjà tant de chats à fouetter. Il nous revient donc de nous assurer qu'ils ont les ressources, les partenariats et les moyens de communication pour préparer les membres de leur communauté.

Le sénateur Carstairs : La Dre Allison McGeer, qui était sur la première ligne de la lutte contre l'épidémie de SRAS et qui a contracté la maladie, a conseillé vivement la mise sur pied d'un programme pilote de prophylaxie utilisant le Tamiflu.

Y a-t-il eu des discussions avec les communautés autochtones, notamment avec l'Assemblée des Premières nations sur cette utilisation prophylactique du Tamiflu afin de déterminer si, de cette manière, on peut sensiblement réduire le nombre de cas dans la communauté?

Dre Barker : Il y a eu beaucoup de discussions, en Ontario notamment, où nous avons constaté qu'un traitement précoce énergique réduisait très efficacement le nombre de cas graves. Certes, beaucoup de chefs ont affirmé qu'ils aimeraient identifier les personnes dont l'état pathologique chronique les expose à un plus grand risque, pour qu'elles reçoivent le traitement prophylactique. Les chefs sont intéressés. Malheureusement, il faut tenir compte de beaucoup d'autres facteurs, comme les effets secondaires. Risquons-nous de provoquer une mutation chez le virus? Se pourrait-il que le Tamiflu ne soit plus efficace à l'automne contre une nouvelle épidémie? Il faut envisager beaucoup d'autres questions, mais, j'en conviens, nous devons considérer la prophylaxie comme une option véritable.

Le sénateur Carstairs : L'un des gros problèmes de certaines communautés telles que Garden Hill et St. Theresa Point, comme vous l'avez dit, est l'absence d'eau courante. Le besoin de désinfectants à base d'alcool pour les mains est devenu impérieux, mais il n'y en avait pas dans la communauté. Comme vous l'avez mentionné, le chef Harper a dû prendre la route pour s'en procurer à l'extérieur de sa communauté. Entre-temps, les communautés recevaient des avions d'évacuation sanitaire qui étaient vides.

Quelque chose m'a beaucoup préoccupée. Des discussions ont porté sur l'à-propos de distribuer des désinfectants pour les mains parce qu'ils renfermaient de l'alcool.

Dre Barker : Je dois vous avouer que cela m'a aussi donné un coup terrible. J'ai rapidement fait valoir qu'il était aussi facile de se procurer du Lysol dans ces communautés que n'importe quoi d'autre. On dépasse les bornes quand on laisse entendre que des personnes achèteront du Purell pour s'enivrer. J'ai entendu cette allégation et j'ai également entendu dire que l'on passait des journées à discuter des avantages d'un désinfectant non alcoolisé en raison des problèmes d'intoxication dans les communautés. C'était absolument scandaleux.

Le sénateur Carstairs : J'ai beaucoup d'autres questions pour la seconde intervention, si je peux.

Le sénateur Stratton : Je poursuivrai dans la même veine que le sénateur Carstairs. J'ai eu la chance que ma belle- mère soit une infirmière affectée aux réserves du Nord pendant des années. J'ai visité la plupart de ces communautés. Je suis en mesure de comprendre entièrement les problèmes qu'elles affrontent aujourd'hui.

Je peux vous parler d'une situation qui a été portée à ma connaissance dans le sud du Manitoba. Je prends des leçons de français au Collège St. Boniface. Mon professeur s'occupe d'enfants recevant une éducation spécialisée dans les communautés et les petits villages du sud du Manitoba. Je lui ai demandé quelle était l'incidence de la grippe H1N1 dans les districts scolaires francophones. Elle m'a répondu que les cas étaient très peu nombreux. Elle m'a expliqué que les enfants se lavent les mains dès leur arrivée à l'école, à 9 heures, puis avant la récréation, puis au retour de la récréation. À l'heure du dîner, ils se relavent les mains, puis encore, au retour du dîner. Ils se les lavent à nouveau avant de quitter l'école. Je ne prétends pas que c'est la solution complète au problème, mais c'est la méthode adoptée dans les commissions scolaires francophones. Est-ce la même chose dans les écoles du Nord du Manitoba? Sinon, pourquoi pas?

Dre Barker : Je ne sais pas si les écoles ont adopté cette marche à suivre. C'est une bonne idée, je pense, mais il faudrait se demander si les écoles disposent de l'eau courante.

Le sénateur Stratton : J'ai visité beaucoup d'écoles dans le Nord, et elles ont l'eau courante. Je serais surpris du contraire, du moins dans le cas des écoles que j'ai visitées.

Dre Barker : J'ai visité quelques écoles sans eau courante. J'en conviens, c'est une mesure formidable pour la santé publique.

Le sénateur Stratton : Elle atteint deux objectifs. Elle enseigne également aux enfants à quel point le lavage des mains est bon pour la santé, parce que les jeunes enfants sont des réservoirs mobiles de microbes. J'ai six petits-enfants et je connais tous les germes qu'ils peuvent contracter au contact des autres écoliers. Nous pouvons assurément essayer d'appliquer cette mesure si simple qui consiste à garder les mains des enfants aussi propres que possible.

Dre Barker : Je suis d'accord. En outre, cela met en évidence une autre vérité : collectivement, nous sommes chargés de reconnaître des rôles que nous pouvons jouer. Il n'incombe pas seulement aux infirmières et aux médecins, mais également aux élites, aux écoles et même au gérant de l'épicerie, qui doit s'assurer d'offrir des aliments nourrissants. Nous avons tous un rôle à jouer à cet égard.

Le sénateur Dyck : Merci, docteure Barker, de la clarté de votre présentation. Ma question porte sur l'âge des personnes qui ont contracté la maladie. Vous avez dit que les deux tiers étaient branchées sur la ventilation artificielle et que les maladies chroniques ainsi que les déterminants sociaux jouent un rôle important. Je suppose que les victimes les plus touchées étaient des adultes. Est-ce le cas?

Dre Barker : Il s'agit de jeunes adultes et d'enfants plus âgés.

Le sénateur Dyck : En général, le virus semble s'attaquer à des personnes âgées entre 5 et 24 ans. Comme vous le savez sans doute, la moitié de la population autochtone est âgée de 24 ans ou moins. Est-ce que ce facteur démographique vient ajouter à l'urgence de mettre en place des plans d'intervention?

Dre Barker : Oui, absolument. Vous avez entièrement raison.

Le sénateur Dyck : En principe, ce devrait être le groupe d'âge le plus en santé au sein d'une population.

Dre Barker : C'est ce qu'on pourrait croire, mais d'autres facteurs peuvent entraîner de graves symptômes chez les personnes atteintes du virus. C'est le cas notamment lorsque le système immunitaire du patient est mal nourri et qu'il répond de façon excessive à certaines infections, pouvant ainsi causer des dommages importants aux poumons.

Le sénateur Dyck : Comment pouvons-nous reconnaître les personnes les plus à risque? La maladie semble surtout toucher les jeunes. Peut-être qu'un programme à l'intention du système scolaire contribuerait à maîtriser la dissémination de la maladie dans les écoles, mais pas nécessairement à la maison. Vous nous avez dit qu'il y avait 633 Premières nations au Canada. Y a-t-il un moyen de savoir lesquelles de ces communautés seraient les plus vulnérables?

Dre Barker : Ce que nous espérons faire une fois un vaccin mis au point, c'est de vacciner l'ensemble de la population canadienne, en commençant par les personnes âgées de moins de 40 ans et les enfants, y compris les Canadiens autochtones. Nous espérons pouvoir procéder à une campagne de vaccination majeure avant l'éclosion d'un nouveau virus de la grippe.

Le sénateur Dyck : Et les 633 Premières nations seraient visées par cette initiative.

Dre Barker : Oui, je ne crois pas qu'il serait réaliste de tenter d'en cibler une plus qu'une autre. Cela pourrait être risqué.

Le sénateur Sibbeston : Docteure Barker, mis à part la pauvreté qui sévit chez les peuples autochtones, est-ce que d'autres facteurs les rendent moins immunisés contre des virus comme celui du H1N1?

L'histoire nous a appris que des maladies avaient ravagé les peuples autochtones à partir de leur premier contact avec les Européens. Est-ce que des données nous indiquent que les peuples autochtones sont peut-être plus vulnérables que d'autres face à ces maladies?

Dre Barker : C'est une excellente question. Elle a d'ailleurs été soulevée lors de nos réunions. D'abord, nous savons que la réponse immunitaire des peuples des Premières nations et des peuples inuits face à la tuberculose est complètement différente de celle des Canadiens non autochtones.

Nous savons également que l'Agence de la santé publique du Canada concentrait ses recherches sur le H5N1, prévoyant que des poulets de la Chine seraient à l'origine de l'éclosion, plutôt que des porcs du Mexique. Dans ce contexte, l'agence a précisé qu'elle tenait d'abord à effectuer des tests sérologiques sur des sujets issus des Premières nations pour s'assurer que leur réaction au vaccin et leur réaction au virus étaient semblables. Évidemment, notre crainte est que le vaccin ne soit pas efficace, ou qu'il le soit moins, pour les peuples des Premières nations, en raison de la façon dont leur système immunitaire est stimulé.

Maintenant que nous concentrons nos études sur le H1N1 et non plus sur le H5N1, nous espérons pouvoir trouver un autre moyen pour financer nos recherches. Vous avez absolument raison, il est essentiel d'examiner la question.

Le sénateur Lovelace Nicholas : Croyez-vous que la pandémie aurait pris de telles proportions si le gouvernement et le MAINC avaient fait leur travail, comme s'assurer de fournir de l'eau potable et des logements décents?

Dre Barker : Je pense que la situation aurait été tout autre si les peuples des Premières nations avaient eu des logements décents et non surpeuplés à leur disposition et s'ils avaient pu compter sur des sources d'eau potable et une véritable sécurité alimentaire. Les résultats n'auraient sans doute pas été les mêmes.

Le sénateur Lovelace Nicholas : Ils sont responsables des services essentiels dans les communautés des Premières nations. Pourquoi, selon vous, y a-t-il eu un tel écart entre les différentes communautés? C'est au Manitoba et dans les endroits isolés qu'on a été le plus durement touché. À votre avis, pourquoi l'écart a-t-il été aussi marqué?

Dre Barker : Je crois que c'est tout simplement un coup de malchance si les communautés manitobaines ont été plus durement touchées. Si le virus avait été introduit dans une autre collectivité présentant le même profil démographique et les mêmes déterminants sociaux, la situation n'aurait pas été différente.

Je crois que cela a été un véritable coup de fouet. J'espère que les Canadiens reconnaîtront maintenant l'importance de se pencher sur les déterminants sociaux sous-jacents de la santé pour améliorer la condition des communautés des Premières nations.

Le sénateur Lovelace Nicholas : J'ai constaté que moins de services de santé étaient offerts en général chez les Premières nations. Les soins autrefois couverts ne le sont plus aujourd'hui. J'aimerais que vous nous expliquiez, si vous le pouvez, qui est responsable de cette situation.

Dre Barker : C'est une question très complexe. Toutefois, je vous dirais que chacun d'entre nous qui a le pouvoir d'élire notre gouvernement porte cette responsabilité.

Le sénateur Peterson : Merci, docteure, pour votre exposé. Si je ne m'abuse, nous n'avons pas suffisamment de doses du vaccin pour immuniser l'ensemble de la population canadienne; en fait, le vaccin sera disponible par lots. L'Agence de la santé publique du Canada s'affaire donc à établir une liste de priorité. Est-ce que cette liste est terminée? L'avez- vous consultée?

Dre Barker : Non, nous ne l'avons pas vue et l'agence continue d'y travailler.

Le sénateur Peterson : Combien lui faudra-t-il de temps pour la terminer?

Dre Barker : Je n'en ai aucune idée, mais nous espérons aborder la question à notre réunion de vendredi, lors de laquelle nous devons rencontrer les représentants de l'agence afin de discuter des communautés rurales et éloignées.

Le sénateur Campbell : Merci beaucoup d'être venue témoigner devant nous aujourd'hui. Face à tout cela, je ne peux m'empêcher de me demander ce que l'on peut faire dans l'état actuel des choses.

Je ne crois pas qu'un groupe de travail soit la solution. Il faut intervenir d'urgence si on veut remédier à la situation qui frappe les Premières nations en ce moment, et le seul fait de décider qui devrait faire partie de ce groupe de travail nous amènerait à l'automne.

Tout le monde adhère à l'Annexe B que vous avez présentée. Il y a 1 milliard de dollars réservés quelque part pour traiter de la pandémie. Qu'est-ce qui nous retient d'aller chercher des ressources? Et quand je parle de ressources, je fais référence aux infirmières et aux articles de base, comme l'a dit le sénateur Stratton. Je veux dire fournir des mouchoirs et ce genre de choses.

Comment pouvons-nous lancer le bal? Ce n'est certainement pas la dernière fois que nous assistons à une telle situation dans les communautés des Premières nations ou dans d'autres collectivités isolées. Que devons-nous faire pour aller de l'avant?

Dre Barker : Cet argent est déjà parti; 657 millions de dollars sont allés à l'Agence canadienne d'inspection des aliments afin d'étudier des poulets porteurs du H5N1; les autres 350 millions de dollars ont été alloués et dépensés. Ce qui nous inquiète un peu, c'est qu'une partie de cet argent a servi à l'élaboration de l'Annexe B, mais il ne reste plus de fonds pour mettre en œuvre cette dernière.

Le sénateur Campbell : À qui devrait-on s'adresser pour obtenir plus d'argent? Je vais lire un extrait de l'Annexe B à propos des responsabilités des Premières nations. Je crois que le sénateur Carstairs en a fait mention. C'est à la page 11 :

[...] au sein des collectivités des Premières nations [...] les dirigeants communautaires et les fournisseurs de services de santé ont la responsabilité de :

Développer, tester et actualiser régulièrement les plans communautaires de lutte contre la pandémie d'influenza, en collaboration avec les partenaires et intervenants appropriés.

Cela me paraît assez simple. Ces communautés ont beaucoup en commun et éprouvent souvent les mêmes problèmes. Pourquoi tous les fournisseurs ne font-ils pas front commun? Pourquoi ne pas fonctionner de cette façon? Quand il faut constamment emprunter la voie des airs pour se rendre dans ces communautés éloignées et en revenir, 3000 $, ce n'est pas suffisant.

Toutes ces communautés ont des traits communs. Je ne vois pas pourquoi elles ne pourraient se réunir pour élaborer un plan d'action. Une fois le plan établi, elles pourraient déterminer de quelles ressources elles disposent et allouer ces ressources en fonction des besoins les plus pressants. Je ne comprends pas où est le problème. Pourquoi les choses se passent-elles ainsi?

Dre Barker : Nous ne comprenons pas non plus.

Le sénateur Campbell : Qui est responsable? Je n'aime pas du tout le terme « responsable », mais à qui revient la tâche de remédier à ce problème?

Dre Barker : C'est à la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits que revient la tâche d'assurer la mise en place de plans d'intervention en cas de pandémie pour les communautés des Premières nations. Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien est quant à lui responsable de la mise en place de plans de préparation aux situations d'urgence. Ce sont des rôles et des responsabilités qui se rejoignent et qui nécessitent des ressources financières n'étant peut-être pas disponibles.

Le sénateur Watt : Bienvenue, docteure Barker. Je tiendrai des propos quelque peu différents de ceux des autres sénateurs. Mes questions ne porteront pas tellement sur la maladie elle-même, mais sur les conditions dans lesquelles vivent les communautés.

Est-ce que l'Assemblée des Premières Nations détient un répertoire de toutes les communautés du pays nous informant des conditions de vie de ces dernières?

Dre Barker : Quelles informations pourrait contenir cette liste?

Le sénateur Watt : La liste pourrait faire état de la qualité de l'eau, de la qualité de vie au sein des communautés, des problèmes de logement, des problèmes de surpeuplement et des services de santé offerts. Ce sont des renseignements nécessaires pour assurer le bon fonctionnement d'une communauté. Est-ce qu'une base de données a été élaborée et tenue à jour? Qui détient cette information? Est-ce le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien ou l'Assemblée des Premières Nations?

Dre Barker : Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien recueille beaucoup de renseignements de ce genre. Toutefois, ces données sont compilées séparément. La personne responsable de l'eau en détient une partie, la personne responsable du logement en détient une autre, et ainsi de suite. Personne ne peut donc vraiment brosser un tableau complet de la situation dans chacune des communautés.

Le sénateur Watt : À moins d'avoir une idée claire de ce qui se passe dans les communautés touchées, nous n'arriverons pas à éradiquer cette maladie, qui semble progresser. Pour y arriver, nous devons concentrer nos efforts sur les besoins des communautés.

Que faisons-nous au juste? C'est ce que je voudrais savoir. Nous parlons beaucoup de la maladie, mais nous ne pourrons rien contre elle si nous ne voyons pas à l'hygiène des communautés. C'est un élément important de l'équation.

Notre comité devra tôt ou tard formuler des recommandations au gouvernement. La seule solution que je peux voir en ce moment, c'est de recourir à nos forces militaires, vu l'urgence de la situation. Le virus va se répandre dans ces communautés. Certains de mes collègues, notamment le président du comité, ont déjà mentionné que le virus ne se répandra pas seulement au sein des communautés touchées, mais aussi dans les communautés autochtones et non autochtones en périphérie.

Dre Barker : Nous allons nous arracher le peu de ressources dont on dispose.

Le sénateur Watt : Exactement.

Nous avons parlé des personnes qui vivent dans les réserves. Qu'en est-il de celles qui vivent à l'extérieur des réserves? Dans certaines communautés, la situation est encore pire que dans les réserves. Nous avons besoin d'un rapport de ce genre. Peut-être en existe-t-il déjà un. Le comité doit s'appuyer sur toute cette information pour prendre une décision ou formuler une recommandation. Nous ne pouvons plus espérer régler le problème par nous-mêmes, car il est devenu trop important, et il n'a pas fini de prendre de l'ampleur.

Le sénateur Hubley : Un court paragraphe de l'Annexe B parle de l'éthique. Il se lit comme suit : « Il y a toute une série de principes éthiques qui guident les décisions prises au cours d'une urgence, y compris les pandémies d'influenza. »

Est-ce que l'inclusion de ce paragraphe vise d'une certaine façon à protéger nos communautés des Premières nations? Est-ce que cela nous permet de mettre leurs conditions à l'avant-plan si nous avons un plan qui préconise le traitement des communautés les plus durement touchées en cas de pandémie? Que pensez-vous des principes éthiques en cause?

Dre Barker : Nous avons cru qu'il était important d'aborder la question de l'éthique. Nous avons parcouru le pays pour discuter des plans de préparation en cas de pandémie et de l'utilisation d'antiviraux avec les communautés des Premières nations.

Par exemple, si les aînés d'une communauté ne figuraient pas sur la liste de priorité de l'Agence de la santé publique du Canada, de quelle latitude bénéficierait une communauté qui voue une grande admiration à ses aînés pour prendre elle-même la décision de les faire traiter? Il a aussi été question de l'utilisation de la médecine traditionnelle. On veut que soit respectée l'utilisation de la médecine traditionnelle et qu'on applique des principes éthiques pour respecter l'utilisation des méthodes de guérison traditionnelles.

Diverses questions d'ordre éthique ressortent du plan de lutte contre la pandémie. Nous voulions nous assurer d'en tenir compte.

Le sénateur Carstairs : Ma question porte sur les vaccins. On dit que les communautés autochtones seraient les premières à les recevoir. A-t-on pris un tel engagement?

Dre Barker : Ce n'est pas encore un engagement; c'est en cours d'élaboration. Et même une fois qu'il sera écrit noir sur blanc que les peuples autochtones recevront les vaccins en premier, je serai curieuse de voir les aspects logistiques de cette décision.

S'il y a eu des retards dans l'envoi de fournitures essentielles pour une seule communauté, qu'arrivera-t-il quand nous voudrons envoyer des vaccins à 633 communautés? Le soutien et la logistique seront tout aussi importants que dans le cas d'un engagement à vacciner une population considérée comme prioritaire.

Le sénateur Lang : J'aimerais revenir sur l'observation du sénateur Watt à propos d'un inventaire dans les communautés. Je ne connais pas la région du Nord du Manitoba, car je n'y suis jamais allé. Vous êtes-vous rendue dans toutes les communautés de cette région?

Dre Barker : Non, mais j'en ai visité plusieurs.

Le sénateur Lang : L'affirmation répandue selon laquelle il y a beaucoup d'écoles sans eau courante m'inquiète. J'aimerais que l'on vérifie cette affirmation. C'est comme s'il n'y avait ni citerne, ni puits, ni aucune infrastructure dans tout le Nord du Manitoba. Bien franchement, je doute que ce soit vrai. Il est important que nous sachions combien de communautés n'ont pas accès à l'eau transportée par camion-citerne, à l'eau sous conduite ou à l'eau de puits.

Dre Barker : Loin de moi l'idée de laisser entendre qu'aucune école n'a d'eau courante; toutefois, certaines écoles que j'ai visitées n'en ont pas.

Le sénateur Lang : Je pense que le comité devrait avoir cette information.

Le président : Nous allons essayer de l'obtenir.

Le sénateur Dyck : Quelles sont les communautés les plus vulnérables? Vous avez affirmé devoir déterminer les communautés à risque. Cette information est essentielle. Les plus touchées sont peut-être les communautés les plus surpeuplées et celles qui n'ont pas accès à l'eau potable. Il est essentiel que nous obtenions cette information afin de lutter contre le virus.

Il nous faut connaître l'ampleur des problèmes dans l'ensemble du pays en ce qui concerne l'eau potable et la surpopulation.

Dre Barker : Je me permets d'ajouter qu'il nous faut comprendre qu'il s'agit d'un nouveau virus. Nous tentons toujours de déterminer qui sont les personnes à risque et ce qui fait qu'une personne ou une communauté court un risque accru.

C'est très difficile pour les professionnels de la santé de prendre des décisions délicates sans information valable. Nous espérons que grâce aux données supplémentaires et aux résultats des évaluations que nous obtiendrons au cours de l'été, nous serons mieux en mesure d'identifier les populations à risque.

Le président : Docteure Barker, nous récoltons ce que nous avons semé et il y a lieu de s'alarmer. Cela concerne tous les Canadiens; ce n'est pas une question partisane. Tous les gouvernements provinciaux et fédéraux qui se sont succédé ont laissé la situation se détériorer et il en a été de même pour les politiques visant les Autochtones.

Si nous n'agissons pas différemment, rien ne changera. Il nous faut intervenir dans les réserves et à l'extérieur des réserves des Premières nations, à défaut de quoi la crise va s'aggraver. On peut blâmer tout le monde, mais on ne doit pointer personne du doigt. Depuis plus de 100 ans, nous plaçons les Premières nations dans une horrible situation.

Il est temps que l'APN et tous les groupes — les gouvernements, les partis de l'opposition ou qui que ce soit d'autre — unissent leurs efforts pour améliorer la qualité de vie de nos Premières nations. Autrement, nous serons tous des victimes.

Je tiens à vous remercier de votre présence ce matin et de votre témoignage franc et direct. Comme vous l'avez souligné, nous sommes riches et bien portants. C'est à nous d'intervenir.

Nous accueillons maintenant des représentants du gouvernement fédéral afin de discuter de la situation relative à la propagation du virus H1N1 dans les réserves des communautés des Premières nations. Mme Anne-Marie Robinson est sous-ministre adjointe à la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits. Je présume que vous allez faire une déclaration d'ouverture, madame Robinson.

Anne-Marie Robinson, sous-ministre adjointe, Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada : Bonjour, monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs. J'aimerais profiter de l'occasion pour vous présenter mes collègues : Dre Danielle Grondin, sous-ministre adjointe intérimaire, Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence, Agence de la santé publique du Canada, ainsi que Shelagh Jane Woods, directrice générale, Direction des soins de santé primaires et de la santé publique, et Michelle Kovacevic, directrice générale, Direction des politiques, de la planification et de l'analyse stratégique, toutes deux de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada.

Je vais vous donner un aperçu des rôles et des responsabilités que doit assumer Santé Canada pour appuyer la préparation en vue d'une pandémie d'influenza et les interventions dans les réserves des Premières nations.

[Français]

Comme vous le savez, l'Agence de la santé publique du Canada est le principal chef de file du gouvernement fédéral en ce qui concerne la préparation et les interventions en cas d'urgence en santé publique, y compris le plan de lutte contre la pandémie d'influenza.

[Traduction]

Santé Canada, par l'intermédiaire de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, que je dirige, et de la Direction générale des régions et des programmes, doit veiller à ce que les provinces et les territoires tiennent compte, dans leurs activités de planification et d'intervention, des préoccupations et des besoins spéciaux des membres des Premières nations vivant dans les réserves. Pour assurer une intervention globale et coordonnée en cas d'urgence en santé publique, par exemple une pandémie d'influenza, Santé Canada travaille en étroite collaboration avec l'Agence de la santé publique, d'autres ministères fédéraux, les provinces ainsi que les organisations autochtones nationales et régionales.

[Français]

Santé Canada appuie la prestation de services de soins primaires dans la réserve d'environ 200 communautés éloignées et isolées des Premières nations, là où les services provinciaux ne sont pas facilement accessibles.

[Traduction]

Par le biais de ces services, Santé Canada gère les interventions lorsque des urgences touchant la santé surviennent dans les communautés et ce, conformément aux lignes directrices provinciales.

Le plan et les interventions de Santé Canada en ce qui concerne l'influenza ont été élaborés à partir du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza dans le secteur de la santé et en particulier de l'Annexe B, qui concerne les communautés des Premières nations vivant dans les réserves. Conformément à ce plan, nous offrons une expertise technique et un soutien financier aux membres des Premières nations vivant dans les réserves pour les aider à élaborer, à tester et à mettre à jour leur plan communautaire de lutte contre la pandémie d'influenza.

Nous avons également déjà placé à de nombreux endroits, y compris dans les communautés éloignées et isolées, de petites réserves d'équipement de protection individuelle, dont des masques, et nous sommes en train de fournir de l'équipement supplémentaire afin de répondre aux besoins à long terme des travailleurs de la santé qui offrent des soins aux habitants des réserves. De plus, nous travaillons avec les provinces pour être en mesure de distribuer et d'administrer des antiviraux et des vaccins, lorsqu'ils seront disponibles, et de distribuer d'autres types de fournitures, comme nous l'avons fait au cours des dernières semaines pour les communautés des Premières nations dans le Nord.

Enfin, en collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada, nous avons élaboré un plan de communication proactif, dont une campagne visant à sensibiliser la population et à lui donner les outils nécessaires pour se protéger contre le virus. Cette campagne prévoit notamment la publication d'avis de santé publique dans la presse écrite destinée aux communautés des Premières nations et à plus de 1 400 organismes de santé autochtones.

Néanmoins, malgré tous nos plans, nous devons faire face à d'importants risques et défis lorsqu'une crise sanitaire frappe les communautés des Premières nations. La participation de plusieurs administrations et intervenants est alors nécessaire. Les mesures d'intervention doivent être rapidement coordonnées, ce que nous avons réussi à faire dans le passé lorsque des éclosions sont survenues dans certaines communautés.

Les 200 communautés dans lesquelles Santé Canada offre des services de soins primaires sont éloignées, isolées et disséminées sur un vaste territoire. Cela représente un défi lorsqu'il faut intervenir et nécessite une planification rigoureuse. Nous travaillons avec l'Agence de la santé publique, les provinces et les territoires afin d'élaborer des lignes directrices qui nous permettent de relever des défis uniques tout en continuant d'élaborer des plans et d'aller de l'avant.

Le taux d'incidence des maladies respiratoires et d'autres maladies chroniques est également plus élevé chez les membres des Premières nations, ce qui les rend plus vulnérables aux complications liées au syndrome grippal, y compris à la grippe H1N1.

Nous sommes également conscients des problèmes que représentent la surpopulation et l'accès à l'eau potable pour les communautés des Premières nations. En plus des investissements prévus dans le budget de 2009 pour améliorer les logements dans les réserves, nous continuons de coordonner nos efforts avec ceux des différents ordres de gouvernement et des dirigeants des Premières nations afin de résoudre ces problèmes.

Enfin, toute augmentation de la demande au niveau du système de soins de santé à l'échelle du pays et dans les réserves aura sans doute des conséquences sur les ressources existantes. Toutefois, jusqu'à présent, nous avons été en mesure d'offrir les soins nécessaires.

[Français]

Je crois comprendre que la situation au Manitoba vous intéresse particulièrement. Ce qui se passe actuellement dans certaines réserves nous préoccupe et nous continuons de surveiller attentivement la situation.

[Traduction]

À l'instar de la province, Santé Canada a envoyé d'autres professionnels de la santé, au cours des dernières semaines, dans les communautés touchées du Manitoba afin d'améliorer les services de soins primaires qui y sont déjà offerts. Nous avons distribué de l'équipement de protection individuelle aux travailleurs de première ligne qui offrent des soins de santé aux membres des communautés et nous en avons placé à d'autres endroits en prévision d'une éventuelle propagation de la maladie. L'Agence de la santé publique a également fourni des ventilateurs au Manitoba.

Des réserves d'antiviraux ont déjà été placées dans certaines communautés du Manitoba pour qu'on y ait rapidement accès. Santé Canada, en collaboration avec ses partenaires, a aussi distribué des désinfectants pour les mains dans plusieurs communautés du Manitoba, y compris les communautés de Garden Hill et les maisons et logements de St. Theresa Point. Nous continuerons d'évaluer les besoins de chaque communauté afin de prévoir les ressources supplémentaires qui seront nécessaires et d'offrir aux résidants des communautés des Premières nations de la formation continue sur les pratiques de prévention et les soins autonomes. Santé Canada et l'Agence de la santé publique mènent aussi des travaux d'épidémiologie afin de mieux comprendre l'impact du virus H1N1 sur les réserves des Premières nations.

Comme nous le faisons chaque fois qu'un cas grave se déclare au Canada, nous recueillons et analysons quotidiennement les données sur les facteurs de risque et nous adaptons des lignes directrices. Lorsque ces données nous auront permis d'accumuler des preuves, nous devrions avoir une meilleure idée du rôle que jouent les facteurs tels que le mode de vie, la grossesse et l'âge dans la gravité des cas recensés.

Entre-temps, nous déployons tous les efforts possibles pour que les membres des Premières nations aient accès à des soins de santé de qualité. La lutte contre l'éclosion d'infections au virus H1N1 est notre priorité. Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada, les responsables provinciaux de la santé publique et les Premières nations afin de suivre l'évolution de la situation et d'évaluer les conséquences qu'elle pourrait avoir sur les réserves des Premières nations pour faire en sorte que leurs habitants reçoivent les soins dont ils ont besoin, au moment voulu.

Le président : Madame Robinson, nous avons appris aux nouvelles que le chef de la bande de Garden Hill avait dû se rendre à l'extérieur de la réserve pour obtenir des fournitures pour sa communauté. Y a-t-il eu une interruption des services? Où s'est-elle produite? Pouvez-vous nous expliquer pourquoi les fournitures n'ont pas été distribuées dans cette région, étant donné la forte concentration démographique dans ces réserves du nord-est du Manitoba?

Mme Robinson : Je peux confirmer au comité que nous avions toutes les fournitures qu'il nous fallait pour la communauté dans nos postes de soins infirmiers, à savoir des désinfectants pour les mains, des masques, de l'équipement de protection individuelle et d'autres médicaments. Il y a eu une certaine confusion, je le reconnais, mais nous tendons la main à tous les chefs. Il nous faut continuer à discuter avec eux de ce qui est important dans les communautés sur le plan de la santé publique. Je crois que nous ne savions pas trop si, par exemple, les professionnels de la santé devaient utiliser des masques N95, et les gens dans la salle d'attente, d'autres masques chirurgicaux, comme les lignes directrices le recommandaient, ou si les gens avaient besoin de masques N95 chez eux, ce que les lignes directrices de santé publique ne recommandaient pas. On ne savait pas trop quel équipement était requis. J'ai rencontré les chefs la semaine dernière, et nous avons tiré les choses au clair. Je crois que cela a amélioré la compréhension.

De plus, les chefs ont demandé des désinfectants pour les mains, qui leur ont été envoyés. Nous avons eu de la difficulté à nous en procurer, mais nous en avons distribué dans les communautés. En outre, nous collaborons avec les communautés pour trouver d'autres moyens efficaces d'améliorer la situation. Comme nous l'a dit le témoin précédent, l'approvisionnement en eau constitue une préoccupation majeure dans certaines de ces communautés. Certains ménages ont de la difficulté à s'approvisionner en eau. Par le truchement de notre partenariat avec le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, nous travaillons avec les communautés pour faciliter l'approvisionnement en eau.

Le sénateur Carstairs : Nous savons que le chef de Garden Hill s'est rendu à Winnipeg, le 12 juin, pour aller y acheter des approvisionnements. Selon lui, l'infirmerie n'a reçu des stocks suffisants que le 15 juin, soit trois jours après qu'il soit allé en chercher à Winnipeg. Étant donné que le premier cas a été diagnostiqué le 3 juin, j'aimerais savoir pourquoi il a fallu tant de temps pour en envoyer là-bas. Pourquoi n'a-t-on pas dépêché de médecin sur place avant le 11 juin?

Mme Robinson : Je peux vous confirmer que nos infirmeries du Nord du Manitoba avaient les fournitures requises pour faire face à la pandémie. Ce qui manque habituellement, ce sont des médecins capables de se rendre dans le Nord, mais nous avons réussi à en envoyer dans les collectivités pour examiner les malades, s'il le fallait. C'est la province qui fournit les médecins et, grâce à notre travail de coordination avec le gouvernement du Manitoba, nous priorisons les collectivités où il faut dépêcher des médecins en fonction de la gravité de l'éclosion.

Un médecin n'était peut-être pas sur place 24 heures par jour, sept jours par semaine, mais nous avons considérablement amélioré les services médicaux offerts. Lorsqu'un médecin n'est pas disponible, nous avons recours à d'autres mesures, notamment à Télésanté, de sorte qu'au besoin, l'infirmière peut consulter un médecin à distance. Naturellement, nous avons accès également à un service d'évacuation sanitaire et à LifeFlight, un service aérien d'ambulance offert par le ministère de la Santé du Manitoba. LifeFlight permet de transporter par avion jusqu'aux grands hôpitaux les membres gravement malades de collectivités éloignées.

Le sénateur Carstairs : Voilà qui est intéressant parce qu'on me dit qu'il faut en moyenne entre 10 et 15 heures pour évacuer par avion un malade de la collectivité et qu'il faut même parfois compter jusqu'à 24 heures. Je crois savoir que la responsabilité du service aérien d'ambulance a été transférée au gouvernement du Manitoba sans même consulter les Premières nations. Pourquoi les avions partent-ils de Brandon plutôt que de Winnipeg, ce qui serait plus rapide?

Mme Robinson : La Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits n'a pas de service aérien d'ambulance. Je n'occupe pas mon poste actuel depuis longtemps, mais je crois savoir que nous n'avons jamais exploité un pareil service, qui est plutôt assuré par la province.

J'ai entendu les chefs exprimer des préoccupations au sujet du temps qu'il faut pour évacuer par avion des malades, de sorte que je me suis renseignée auprès du gouvernement provincial. Bien que le service relève de lui, de pareils délais nous inquiéteraient parce que nous sommes tenus de faire en sorte que les personnes diagnostiquées au sein de la collectivité voient un médecin en temps opportun. Le gouvernement provincial a mis à ma disposition un rapport dans lequel on évaluait que, durant une semaine au plus fort de l'éclosion de grippe, le service aérien d'ambulance pour le secteur St. Theresa Point-Garden Hill répondait en moins d'une heure, mais qu'il pouvait prendre jusqu'à huit heures. Par conséquent, le temps moyen était de trois à quatre heures.

Sauf votre respect, je me suis arrêtée au temps qui s'écoulait entre l'appel de l'infirmière pour faire évacuer un malade par avion jusqu'au moment où l'avion se posait au sol. Peut-être a-t-on examiné une autre période. Je ne fais que vous rapporter ce que j'ai lu. Je me suis réjouie d'apprendre des autorités provinciales que, dans les cas critiques, elles peuvent faire appel à un autre service LifeFlight pour évacuer des membres de la collectivité dont l'état n'est pas stable.

Le sénateur Carstairs : Nous savons que 31 lits de soins intensifs de Winnipeg étaient occupés par des personnes atteintes de la grippe H1N1, dont les deux tiers étaient des Autochtones branchés à un ventilateur. Quel a été l'impact sur la clientèle habituelle des hôpitaux de ce nombre additionnel de malades? Il arrive rarement que 20 patients autochtones se retrouvent aux soins intensifs à Winnipeg en même temps. Quel en a été l'impact sur les services de santé offerts aux autres Manitobains? Je précise, pour la gouverne du comité, que 65 p. 100 de tous les Manitobains vivent à Winnipeg, où sont situés la plupart des lits de soins intensifs.

Quelles autres solutions envisage-t-on? Je sais que les Premières nations ont demandé l'installation d'un hôpital de campagne, demande qui aurait été rejetée. Comment fait-on face à cette situation d'urgence de manière à offrir le niveau approprié de soins?

Mme Robinson : Madame le sénateur, il faudrait le demander aux autorités provinciales du Manitoba, car ce sont elles qui ont la réponse à la plus grande partie de votre question. Toutefois, nous communiquons quotidiennement avec elles, et je sais qu'elles ont déployé d'immenses efforts en vue d'accroître la capacité des hôpitaux de Winnipeg et de Brandon de manière à ce que les soins intensifs puissent répondre à la demande. Quelques chefs de la région de Garden Hill-St. Theresa Point ont soulevé la question d'un hôpital de campagne. La question a aussi fait l'objet d'une discussion récemment au sein de notre comité tripartite des chefs du Manitoba. La demande d'installation d'un hôpital de campagne nous préoccupait parce que ce genre d'hôpital est essentiellement conçu pour prodiguer des soins primaires, alors que nos infirmeries ont parfaitement réussi à fournir ce genre de soins aux Premières nations.

Quand quelqu'un est atteint de ce genre de grippe, il a tendance à être légèrement ou modérément malade et il peut demeurer chez lui. Par contre, il pourrait être extrêmement malade et, à notre avis, un hôpital de campagne ne pourrait lui prodiguer les soins requis. Il faut que notre priorité demeure le transport des personnes gravement malades par avion jusqu'aux meilleurs hôpitaux du pays. Grâce à notre Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza, si des lits ne sont pas disponibles dans les hôpitaux de la province où habitent les malades, on peut faire appel aux autres hôpitaux du Canada. J'ai eu connaissance d'un cas de ce genre. Des personnes ont été hospitalisées dans d'autres provinces.

Le sénateur Lang : J'aimerais continuer de creuser deux questions. Tout d'abord, en ce qui concerne l'eau, à nouveau, on nous donne l'impression que beaucoup de ces localités n'ont pas d'eau ou ont une piètre alimentation en eau. J'aimerais que les témoins me disent combien d'écoles situées dans les réserves du Nord du Manitoba n'ont pas d'eau. Soit dit en passant, je n'arrive pas à croire qu'une école peut fonctionner sans eau. Selon moi, il faudrait la fermer pour des raisons sanitaires.

Mme Robinson : Je ne puis vous fournir le nombre exact, car je l'ignore. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et nous disposons des données sur les localités où l'alimentation en eau est en règle générale problématique. Nous travaillons alors de concert avec les autorités locales pour trouver des solutions de rechange et, fait plus important encore, faire en sorte qu'elles sont vraiment alimentées en eau.

Si elles ont des citernes et qu'elles ont besoin de faire venir de l'eau par camion, alors c'est un service essentiel. L'alimentation en eau est bien sûr toujours essentielle, mais elle l'est particulièrement durant l'éclosion actuelle. Il faut voir à ce que de l'eau y soit transportée par camion.

Il existe également en Ontario des collectivités aux prises avec le même problème, et le MAINC tente de le résorber par notre intermédiaire et en collaborant, naturellement, avec le chef et le conseil. Chaque localité est différente, de sorte qu'il est absolument essentiel que les chefs et les conseils tiennent un rôle clef dans la planification. Dans certaines collectivités, nous avons livré de l'eau embouteillée pour aider la population à voir à son hygiène personnelle quand il n'existe pas d'autres sources d'eau.

Je ne puis vous fournir ces renseignements aujourd'hui, mais je suis convaincue que nos directeurs généraux régionaux, qui travaillent de très près avec le MAINC, savent quelles collectivités sont vulnérables, sur le plan d'une pandémie, non pas en raison uniquement de l'eau, mais de nombreux autres problèmes.

Nous avons repéré ces collectivités et travaillons en tandem avec elles à cerner les lacunes et à y trouver des solutions.

Le sénateur Lang : J'aimerais que nous revenions aux questions posées par le sénateur Stratton sur l'hygiène. Avez- vous donné des consignes aux écoles des collectivités alimentées en eau ou conclu des ententes avec elles — je suppose qu'elles ont de l'eau — pour que les enfants puissent se laver les mains quatre fois par jour de manière à en prendre l'habitude et ainsi peut-être prévenir d'autres éclosions?

Mme Robinson : Je ne puis confirmer que nous avons donné des consignes aussi précises aux écoles, mais nous avons distribué à grande échelle de l'information sur les mesures de santé publique et nous avons rencontré les collectivités et les chefs. Nous tentons par ce moyen de faire en sorte qu'en plus de prendre des précautions à l'école, lors d'assemblées publiques, de festivals, de réunions sociales, à la maison, lors des réunions du conseil de bande et de tout autre événement, les gens continuent d'avoir une bonne hygiène.

Shelagh Jane Woods, directrice générale, Direction des soins de santé primaires et de la santé publique, Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Santé Canada : Une des principales responsabilités du personnel qui travaille dans nos infirmeries est de continuer de faire passer les messages de santé publique. À cette fin, nous nous en remettons aux messages véhiculés par chaque province. Nos infirmeries fonctionnent comme si elles relevaient d'une province. Elles véhiculent toute l'information publique fournie par la province à tous ses citoyens et voient à ce que les personnes compétentes au sein de chaque localité ont accès à cette information.

Comme l'a déclaré Mme Robinson, nous communiquons avec le sous-ministre de la Santé du Manitoba et son personnel tous les jours. Nous renforçons les messages sans relâche et veillons à ce que la communication se fasse au sein des collectivités.

Comme je l'ai dit, les infirmières en assument la responsabilité, mais elles travaillent avec tous leurs alliés du milieu de la santé au sein de la collectivité pour s'assurer que le message parvient à tous. Donc, les messages sont envoyés aux infirmières qui assurent les soins à domicile, aux concierges des écoles, aux directeurs d'école et ainsi de suite. Tout le monde en est informé.

Le sénateur Lang : Ce n'est qu'une observation, mais il me semble que le directeur de chaque école devrait transmettre lui-même ces consignes aux élèves. Il ne suffit pas d'envoyer des messages électroniques ou de les faire publier dans les médias. Le message devrait être transmis directement par le directeur de l'école.

Il y a 200 collectivités isolées, et je suppose que la plupart du temps, le seul moyen de s'y rendre est par avion. Avez- vous envisagé l'idée de placer ces collectivités en quarantaine s'il n'y a pas eu de manifestation de symptômes de la grippe pendant un certain temps ou du moins en partie, de manière à préserver la santé de leurs membres jusqu'à ce que se résorbe la crise?

Dre Danielle Grondin, sous-ministre adjointe par intérim, Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d'urgence, Agence de la santé publique du Canada : Le phénomène est bien enraciné dans les collectivités. Pour ce qui est de la quarantaine, les faits révèlent qu'elle ne serait pas avantageuse dans le cas de virus respiratoires. Nous sommes en pourparlers actuellement avec les provinces, les territoires et nos partenaires afin de revoir toute la question des « frontières ». À ce stade-ci, la quarantaine et la limitation des déplacements ne sont pas forcément les mesures les plus efficaces.

En bref, actuellement, non, nous n'envisageons pas de mise en quarantaine. La quarantaine fait partie des mesures de santé publique. Elle représente un des six principaux éléments du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza, un des principaux guides que nous utilisons pour décider des mesures de santé publique. Bien que nous affirmions que nous ne plaçons pas ces collectivités en quarantaine, nous en étudions la possibilité pour voir si elle serait efficace.

À ce stade-ci, la quarantaine ne serait probablement pas avantageuse du tout. Il est plus important d'aller de l'avant avec les autres mesures comme l'a expliqué Mme Robinson et avec ce qui est fait pour que les gens sachent quoi faire et pratiquent une bonne hygiène. Les personnes, particulièrement celles qui sont malades, devraient demeurer à la maison et avoir accès à des médicaments antiviraux. Ce plan a été mis en place. Les malades sont avisés de consulter un médecin.

Le sénateur Brazeau : Je vous salue tous et je vous remercie d'être venus.

Il a été question tout à l'heure de désinfectant pour les mains. Une des raisons pour lesquelles il n'a pas été distribué était peut-être attribuable au fait qu'il est à base d'alcool. Que vous sachiez, ces discussions ont-elles réellement eu lieu? Si vous ignorez la réponse, pourriez-vous, je vous prie, aller aux renseignements et nous faire parvenir la réponse?

Mme Robinson : Oui. Je peux confirmer que ces discussions ont eu lieu, tant avec les chefs qu'auprès des dirigeants de la santé publique. Il est arrivé, mais rarement, qu'au sein de nos collectivités, certains de ces produits soient volés. Le problème nous préoccupe. Il est vrai que le taux d'alcoolisme est très élevé dans certaines collectivités. C'est pourquoi nous avons décidé, sur ce point, qu'il valait mieux travailler au cas par cas, de sorte que toutes les mesures que nous prenons au sein des 633 collectivités sont adaptées à leurs besoins particuliers.

Plusieurs personnes nous ont dit qu'une pareille distribution pourrait compromettre la santé de certains, et les faits semblent leur donner raison. Le problème ne se pose pas pour la grande majorité, mais lors de cette discussion, nous cherchions à agir dans le meilleur intérêt de nos clients et nous avons désormais distribué les désinfectants pour les mains.

Dans les collectivités où la présence de produits à base d'alcool nous préoccupe, nous avons prévu de distribuer un autre produit sans alcool. Nos commandes sont en souffrance, et malheureusement, nous avons été incapables d'obtenir le produit jusqu'ici.

De plus, il importe au plus haut point selon nous de faire en sorte qu'il y ait une bonne alimentation en eau, pas juste au sein de ces collectivités, mais partout, pour que leurs membres puissent se laver les mains à l'eau et au savon.

Le sénateur Brazeau : Santé Canada est-il le seul à avoir de pareilles préoccupations ou les chefs des localités ont-ils eux aussi émis des réserves?

Mme Robinson : On a fait valoir des préoccupations de part et d'autre au fil des ans.

Le sénateur Brazeau : Pouvez-vous dire aujourd'hui à notre comité si les fournitures de base qui conviennent ont été livrées dans ces collectivités à l'intention de ceux qui pourraient avoir besoin d'empêcher la maladie de se propager ou de se soigner, s'ils en sont atteints?

Mme Robinson : Je peux confirmer que les localités qui relèvent de notre responsabilité disposent d'approvisionnements suffisants. Santé Canada a des réserves limitées d'équipement de protection individuelle, comme des désinfectants pour les mains, dans un entrepôt d'Edmonton. Cependant, notre plan de lutte à la pandémie s'appuie essentiellement sur le travail en collaboration avec les provinces. Par conséquent, notre capacité de pointe vient de la province. Si celle-ci manque de stocks, c'est le gouvernement fédéral qui prend la relève, car il a lui-même des réserves.

Jusqu'ici, nous avons accès eu à une capacité de pointe en passant par la province, et je peux vous affirmer que tout s'est déroulé sans heurt. Le gouvernement du Manitoba nous a été d'une aide incommensurable. Lorsque nous avons eu besoin d'approvisionnements dans les collectivités et du soutien de professionnels de la santé, il a répondu à l'appel.

Le sénateur Brazeau : Par conséquent, le gouvernement de la province a confirmé au ministère fédéral de la Santé qu'il a envoyé des approvisionnements suffisants dans les collectivités, c'est bien cela?

Mme Robinson : Oui. En règle générale, c'est nous qui assurons le transport des stocks, mais les stocks eux-mêmes sont fournis par la province. Si elle vient à manquer de stocks, les réserves fédérales servent de source d'appoint.

Le sénateur Lovelace Nicholas : Vous avez mentionné que Santé Canada travaille en étroite collaboration avec l'Agence de la santé publique du Canada, d'autres ministères fédéraux, les instances provinciales ainsi qu'avec les organismes autochtones nationaux et régionaux.

Si vous travaillez de si près ensemble, pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour voir à la crise au sein des collectivités des Premières nations?

Mme Robinson : À nouveau, pour ce qui est de la gestion de l'éclosion, le Canada a été avisé pour la première fois qu'il y avait une éclosion d'une nouvelle souche problématique au Mexique soit le 17 soit le 21 avril. Dès le début d'éclosion de la nouvelle grippe, la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits a été incluse dans le réseau de santé publique qui s'étend partout au pays, un réseau composé de médecins hygiénistes de toutes les provinces de même que de nos propres hygiénistes et de tous les experts techniques. Dès le début, nous avons participé à la planification. C'est pourquoi nous avons pu faire en sorte que les collectivités des Premières nations avaient les approvisionnements voulus. Nous leur avons aussi envoyé beaucoup d'information, comme nous l'avons dit tout à l'heure, au sujet de l'hygiène et de la protection de leurs membres.

Quand les premiers cas ont été repérés dans des collectivités du Manitoba, comme tout le monde, la gravité de la maladie chez certains nous préoccupait. Dès lors, dès qu'a été décelée une première tendance de maladie grave au pays, je crois — la Dre Grondin peut vous le confirmer, mais je me limite aux collectivités des Premières nations —, il était crucial pour nous de savoir, d'un point de vue épidémiologique, pourquoi les collectivités des Premières nations étaient ainsi touchées.

Nous y avons immédiatement dépêché des épidémiologistes de l'Agence de la santé publique. Il s'agit là, selon moi, de la réponse la plus critique à obtenir. Nous sommes capables de livrer des approvisionnements dans les collectivités et nous sommes capables de faire en sorte que les Premières nations ont accès aux antiviraux. Une autre question cruciale à laquelle il fallait répondre, c'était de savoir qui devrait recevoir en toute première priorité les vaccins. Pour cela, il faut bien cerner les facteurs de risque. Ce sont là des questions névralgiques.

En dépit de tous les approvisionnements disponibles dans les collectivités, il y a quand même eu des cas de maladies respiratoires graves. Il faut comprendre le phénomène d'un point de vue épidémiologique. Notre principale préoccupation est de faire en sorte que nous mettons en place l'intervention la plus efficace de manière à pouvoir identifier les personnes malades, d'adapter nos stratégies en ce qui concerne le recours aux antiviraux et de repérer les membres les plus vulnérables de la population.

Le sénateur Lovelace Nicholas : Je crois que nous connaissons la raison pour laquelle les Premières nations sont les plus affectées. La plupart des sénateurs ici le savent. Cependant, je conviens avec le sénateur là-bas qu'il faudrait prendre des mesures dès maintenant pour mettre fin au problème.

Le sénateur Dyck : Je vous remercie de vos exposés et je vous souhaite la bienvenue. Vous disiez que la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits est responsable d'une vingtaine de collectivités dans des régions isolées et éloignées du Canada. Combien de personnes y dénombre-t-on?

Mme Robinson : Nous sommes en fait responsables de 200 collectivités isolées. Le nombre de personnes vivant dans des réserves oscille aux alentours de 400 000 à 500 000.

J'ignore combien de personnes se trouvent dans les collectivités éloignées. Nous parlons ici d'un tiers de toutes les collectivités, mais je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un tiers de cette population.

Mme Wood : Nous pouvons certainement vous obtenir ce nombre.

Le sénateur Dyck : Il serait important de savoir combien de personnes vous préoccupent. Si vous tentez de constituer des stocks d'antiviraux, d'envisager l'administration de vaccins ou de cibler ces groupes comme prioritaires, il faudrait probablement que vous sachiez combien de personnes sont visées.

Voilà qui m'amène à la question suivante. Une grande partie de vos exposés de ce matin semble mettre l'accent sur la protection personnelle, comme se laver les mains dans les écoles. Les classes sont maintenant terminées, de sorte que cette méthode ne sera pas efficace. Les vacances d'été ont commencé.

Quand décidera-t-on que la protection personnelle ne suffit plus et qu'il faut passer à des mesures plus énergiques? Quand commencerons-nous à distribuer les antiviraux? Quand commencerons-nous à vacciner et comment déciderons- nous qui devrait avoir la priorité? Ces collectivités éloignées auront-elles la priorité en ce qui concerne la vaccination et l'administration d'antiviraux?

Mme Robinson : Je m'excuse de ne pas avoir la réponse au sujet du nombre de personnes concernées, car je conviens avec vous qu'il est essentiel de le savoir. Cependant, je peux vous assurer que mon organisme connaît ce nombre et l'a inclus dans sa planification.

Des antiviraux sont disponibles dans toutes nos collectivités. C'est le médecin qui prend la décision d'administrer ou non un antiviral à un patient. La présence d'antiviraux dans les collectivités n'a jamais posé de problème. Les lignes directrices évoluent à mesure que nous comprenons mieux les facteurs de risque au sein de la population.

Pour ce qui est de la vaccination, la Dre Grondin aura peut-être des observations à faire. Toutefois, d'après ce que j'en sais, il n'y aura pas de vaccination avant l'automne.

L'essentiel actuellement consiste à observer l'impact sur la population autochtone de cette grippe particulière. Il faut intégrer cette information dans le processus, ce que nous sommes en train de faire, de manière à pouvoir prioriser comme il faut l'accès des Premières nations au vaccin. D'après ce que nous constatons à priori, tout porte à croire que l'impact sur les collectivités des Premières nations est grave, et notre planification en tiendra compte.

Nous avons, au sein de toutes ces collectivités, des infirmières qui sont compétentes et capables d'administrer les vaccins à toute la population. Nous le faisons régulièrement pour les enfants. Nous offrons au sein de toutes ces collectivités des programmes dans le cadre desquels nos infirmières de la santé publique vaccinent les enfants autochtones.

Le sénateur Dyck : Je crois vous avoir entendu dire que la décision d'administrer un antiviral revient au médecin. J'ai raison?

Mme Robinson : Oui, c'est effectivement ce que prévoient les lignes directrices en matière de santé publique. Je vais demander à la Dre Grondin de vous répondre.

Dre Grondin : L'antiviral n'est pas réservé exclusivement au virus de la grippe H1N1. C'est un médicament prescrit pour la grippe saisonnière. Il y en deux : le Tamiflu et RELENZA. Ce sont des médicaments qu'on peut obtenir sous ordonnance. L'éclosion de grippe H1N1 ne change rien à cette pratique.

La décision d'offrir un médicament sous ordonnance est fonction des observations cliniques. Rien ne change dans tout cela; c'est ce que prévoient les lignes directrices pour une saine pratique clinique au Canada. On prescrit du Tamiflu ou du RELENZA essentiellement en fonction de l'évaluation clinique. Toutefois, dans le contexte de la grippe H1N1, nous avons affiché sur notre site Web des lignes directrices à l'intention des professionnels de la santé. Nous avons également fourni des explications au grand public. Les lignes directrices pour la prescription d'antiviraux ne conseillent pas d'y avoir recours comme mesure préventive. Il faut comprendre que la pandémie est mondiale. Tous les Canadiens y sont confrontés.

Il est très important de comprendre que nous semblons actuellement avoir des antiviraux qui agissent efficacement contre la grippe H1N1. La dernière chose que nous voulons, sur le plan de la santé publique, est que le virus développe une résistance aux antiviraux. Il est très important d'en faire un emploi judicieux. C'est l'une des raisons pour lesquelles une utilisation prophylactique n'est pas conseillée. On conseille plutôt d'y avoir recours pour traiter. C'est actuellement la recommandation en matière de santé publique au Canada et ailleurs. C'est la raison pour laquelle ces lignes directrices ont été émises.

Comme l'a déclaré Mme Robinson, le Canada possède suffisamment d'antiviraux pour traiter tous les Canadiens qui en ont besoin, y compris les membres des Premières nations, les Inuits et les Métis. Ce sont les provinces qui sont responsables de la prestation des soins de santé. Elles ont des stocks d'antiviraux, qu'elles distribueront. Si elles venaient à manquer de stocks, nous avons également nos propres réserves d'urgence fédérales.

Le sénateur Stratton : Les écoles du Manitoba n'ont pas encore fermé pour l'été. La fin de l'année scolaire se fait à des dates différentes selon la région du pays. Les écoles du Manitoba ferment le 30 juin.

Le sénateur Peterson : Quel est l'organisme responsable dans ce dossier?

Mme Robinson : Nous avons tous des rôles différents. Ma responsabilité est de voir aux approvisionnements et aux services médicaux d'intervention dans les réserves. L'Agence de la santé publique joue un rôle plus général en matière de santé publique, en ce sens qu'elle surveille la situation et prodigue des conseils aux fins de la planification. La province est le principal partenaire qui fait en sorte que les membres des Premières nations ont la capacité de pointe en termes d'approvisionnements, d'information en matière de santé publique ou de lignes directrices et c'est elle également qui assure la prestation des soins hospitaliers.

Je suis sûre que vous êtes au courant que nous avons au sein des collectivités des installations de soins primaires où notre personnel infirmier et médical travaille à repérer les personnes atteintes et à faire le triage de manière à comprendre leur maladie. Quand il juge qu'une personne est gravement atteinte, le malade est transporté par avion jusqu'à un hôpital de la province responsable de le soigner.

Le sénateur Peterson : Un rapport d'étape sur l'évolution de la situation viendrait-il de votre ministère?

Mme Robinson : Oui. Nous serions le centre de coordination et verrions à ce que les Premières nations aient accès à des soins de santé adéquats.

Le sénateur Peterson : La liste des priorités pour l'administration du vaccin est-elle dressée?

Mme Robinson : Je ne suis pas en train de travailler à une liste de priorités.

Dre Grondin : Il n'y a pas de liste de priorités. Il y a là un malentendu.

Le Canada a passé un contrat avec le fabricant du vaccin. Nous prévoyons en avoir à l'automne, comme l'a dit Mme Robinson. Nous aurons suffisamment de doses pour vacciner tous les Canadiens qui en font la demande, y compris les membres des Premières nations et des collectivités isolées, les Inuits et les Métis. Tous pourront être vaccinés sur demande.

Cela étant dit, vous pouvez aisément comprendre à quel point l'organisation d'une vaccination de masse est complexe. La décision de savoir à qui l'administrer en premier repose sur des facteurs et des indicateurs épidémiologiques — qui est le plus à risque, comment la personne réagira au vaccin et ainsi de suite. Elle repose également sur la gravité de la maladie et sur ce que nous apprenons. N'oubliez pas que nous ignorons comment se comportera le virus lorsqu'il frappera à nouveau. Nous surveillons la situation de près pour essayer de le savoir.

Nous travaillons de près avec d'autres groupes, y compris diverses provinces et Mme Robinson, en vue d'établir ce que vous qualifiez de priorité — c'est-à-dire quels groupes recevront en premier le vaccin. Quoi qu'il arrive, tous les Canadiens qui souhaitent être vaccinés l'obtiendront à temps durant la saison de la grippe.

Le sénateur Watt : Quelles sont vos relations avec le ministère des Affaires indiennes en vue de coordonner la réaction aux conditions de vie au sein des collectivités? Nous ne parlons pas ici de collectivités densément peuplées. Tout le monde semble connaître son voisin dans de pareilles collectivités, de sorte que la coordination y est habituellement excellente. Contribuez-vous à présenter des recommandations au ministère des Affaires indiennes concernant les besoins en logement, l'eau potable et les conditions de vie des collectivités, ce genre de problèmes?

Mme Robinson : Nous assurons une coordination avec le MAINC sur deux plans. Tout d'abord, pour ce qui est de la logistique en réaction à l'éclosion de grippe, le MAINC se tient prêt à nous aider si nous avons besoin de constituer des réserves, d'envoyer des produits par avion dans les collectivités ou si nous avons besoin de personnel supplémentaire.

Ensuite, à long terme, je prends note de ce que vous dites au sujet des déterminants de la santé qui représentent l'un des plus graves problèmes. L'approvisionnement en eau et les conditions de vie et de logement notamment sont d'une importance névralgique pour Santé Canada. Nous nous occupons des maladies transmissibles en règle générale, pas seulement de la grippe H1N1. La Dre Barker a mentionné les éclosions de tuberculose et la grande incidence de maladies chroniques. Nous savons que certaines de ces maladies sont liées aux conditions de vie et à la pauvreté.

Nous entretenons des relations permanentes avec le MAINC. Nous effectuons également toutes les analyses de l'eau et veillons à ce que les chefs, les conseils et le ministère des Affaires indiennes ont toute l'information voulue sur l'approvisionnement en eau parce que notre mandat d'assurer une bonne prestation de soins de santé nous impose de veiller à ce que les Premières nations vivent dans des milieux sains.

Il en va de même pour le logement. Nos inspecteurs de l'environnement visitent les maisons pour y détecter la présence de moisissures ou de vermiculite, ou encore d'autres sources de problèmes graves de santé. Cette fonction n'est pas essentielle uniquement pour la grippe H1N1. Comme l'a affirmé la Dre Barker, la grippe semble frapper plus durement les Premières nations, mais il en va de même pour de nombreuses autres maladies. Nous savons qu'il faut se concentrer sur les déterminants sociaux à long terme pour atténuer et éviter ce genre de résultats pour la santé.

Le sénateur Sibbeston : Le gouvernement, particulièrement les fonctionnaires, ne cesse de m'étonner. Alors que les membres de la collectivité croient qu'il y a un problème, les fonctionnaires de votre niveau donnent toujours l'impression que tout va bien. J'ignore si cela vient du fait que vous vivez et travaillez dans une ville comme Ottawa, très loin de la réalité quotidienne des collectivités.

Avez-vous été en contact avec des situations épidémiques ou êtes-vous allée dans des endroits où il y en a? Avez-vous communiqué personnellement avec la ministre Aglukkaq? Elle-même inuite, elle devrait être extrêmement préoccupée par le problème. A-t-elle eu une influence sur les réactions au problème?

Mme Robinson : Bonne question. C'est le problème auquel je suis constamment confrontée.

Notre système est très grand et complexe. Pour bien faire notre travail de gestion des interventions, il ne suffit pas de voir à la logistique pour faire en sorte que les approvisionnements sont en place et que les gens y ont accès. Les communications représentent une composante énorme du système. Nous avons un plan de communication, mais il n'est pas toujours parfait. C'est probablement à ce sujet qu'il faut poursuivre le dialogue.

Non, les fonctions que j'assume ici m'empêchent de me rendre sur place durant la pandémie. Toutefois, je puis vous assurer que de hauts fonctionnaires du ministère ont visité les collectivités et qu'ils le font constamment.

J'ai visité de nombreuses autres collectivités. Je suis également membre d'une Première nation, de sorte que je connais bien la réalité qui est la leur. Nous avons dans nos bureaux régionaux et ailleurs de nombreuses personnes qui sont en contact constant avec ces collectivités et qui en comprennent la réalité.

Nous nous réjouissons que la ministre soit autochtone. Elle a eu beaucoup d'influence sur notre gestion de ce dossier parce qu'elle a vite saisi le problème. Elle a grandi dans le Nord, dans un milieu pas mal semblable à celui auquel nous sommes confrontés.

Elle s'est mise à notre disposition au besoin. Nous avons eu plusieurs réunions. En fait, je la rencontre à nouveau à midi aujourd'hui pour la tenir au courant, comme d'habitude, de la manière dont la pandémie est gérée et de ce qu'il y a à faire.

Le président : Madame Robinson, je vous remercie, de même que tout votre groupe. J'aurais une toute petite question à poser. Estimez-vous avoir la situation bien en main? Oui ou non?

Mme Robinson : Nous maîtrisons parfaitement la logistique, pour ce qui est d'envoyer les approvisionnements au sein des collectivités selon les besoins. Nous avons la coopération de tous les gouvernements concernés. Ce qui nous échappe par contre, c'est ce que fera le virus.

Je précise que, dans notre planification, nous partons de l'hypothèse qu'un événement grave surviendra à l'automne. Même si nous en ignorons la nature, nous avons décidé de planifier en fonction du pire scénario. Je ne dis pas que c'est ce qui va se produire, mais je crois que nous n'avons vraiment pas le choix.

Le président : Docteure Grondin, madame Robinson, madame Woods et madame Kovacevic, je vous remercie à nouveau.

Chers collègues, on m'a suggéré que nous demandions aux analystes de rédiger une lettre qui sera soumise au comité de direction, composé comme vous le savez du sénateur Sibbeston, du sénateur Hubley et de moi-même. Cette ébauche fera la liste des sources de préoccupations et nous la soumettrons, au nom du comité, à Santé Canada.

Le sénateur Carstairs : Cela ne me pose pas de problème. L'idée est raisonnable, mais je n'adresserais pas la lettre seulement à Santé Canada. J'aimerais qu'elle s'adresse aussi au MAINC.

Le président : Fort bien.

Le sénateur Brazeau : Il faudrait peut-être l'envoyer également aux responsables de la santé du Manitoba.

Le président : Soit. Chers collègues, nous sommes vraiment à court de temps. Je tiens à remercier tous les membres du personnel de soutien pour la précieuse aide qu'ils ont fournie au comité. Je sais qu'ils continueront de le faire.

Chers collègues, je vous annonce que la greffière du comité nous quitte. Elle a décidé de passer à autre chose. Je tiens donc à remercier Gaëtane Lemay au nom de nous tous pour son excellent travail en tant que greffière.

Il y a la question des écoles inuites. Sénateur Watt, le comité de direction l'a déjà examinée. Nous en discuterons, vous et moi, et règlerons le problème.

Je vous souhaite tous de passer un bel été et de prendre du repos bien mérité. Au besoin, vous pouvez toujours communiquer avec moi, avec le sénateur Hubley ou le sénateur Sibbeston.

(La séance est levée.)


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