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Perspectives — Du 2 au 4 octobre 2018
10 octobre 2018
OPINIONS

La semaine dernière au Sénat : l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), le pipeline de Trans Mountain et un moment de silence solennel à l’occasion de la veille des Sœurs par l’esprit.

Gouvernement

Dean Acheson, ancien homme d’État, a déclaré : « La négociation, au sens diplomatique classique, suppose des parties plus désireux de s’entente que d’être en désaccord. » Une déclaration certainement applicable à la négociation de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), conclu la semaine dernière.

Les échanges commerciaux trilatéraux avaient été évalués à 1,1 trillion de dollars américains en 2017, alors il y avait beaucoup à perdre. Comme l’a indiqué dans un tweet James Moore, ancien ministre du gouvernement conservateur de Stephen Harper : « Le libre-échange a affronté son pire péril à ce jour. Et le libre-échange a vaincu. »

L’accord de principe met fin à l’incertitude qui ralentissait les affaires et envoie un message clair : il fait bon investir au Canada. Comme l’a déclaré Rona Ambrose, ancienne chef intérimaire du Parti conservateur du Canada : « L’accord de principe sur l’ALENA permettra de réduire l’anxiété des investisseurs, de stabiliser les secteurs qui dépendent des échanges commerciaux et d’envoyer au monde le message que l’Amérique du Nord demeure une terre de libre-échange. »

L’accord est le fruit du travail acharné de la ministre des Affaires étrangères, l’honorable Chrystia Freeland. Des membres de « l’Équipe Canada » se sont rendus aux États-Unis plus de 300 fois et ont établi plus de 500 contacts individuels avec des fonctionnaires américains.

Les Canadiens de tous les horizons politiques peuvent se réjouir d’un accord qui créera de bons emplois, renforcera les liens économiques et favorisera les échanges commerciaux du Canada. Comme l’a indiqué l’ancien premier ministre Brian Mulroney : « Cet accord est une réussite de la plus grande importance pour le Canada et sera bel et bien avantageux pour les trois pays signataires. Le Canada semble avoir atteint la plupart de ses grands objectifs, voire la totalité, au terme de négociations longues et complexes. »


Opposition

Des sénateurs conservateurs sont préoccupés par l’échéancier de construction du projet d’expansion de Trans Mountain.

La semaine dernière, le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a annoncé que le gouvernement ne ferait pas appel de la décision de la Cour d’appel fédérale, affirmant qu’elle serait « inefficace ». Par ailleurs, il a refusé de fournir un échéancier selon lequel le gouvernement entendait effectuer le processus de consultation auprès des Autochtones.

Par son refus de fournir un simple échéancier sur l’exécution du projet, le gouvernement met en péril des milliers d’emplois canadiens. La leader adjointe de l’opposition, la sénatrice Yonah Martin, a fait remarquer cette semaine que le gouvernement avait fait deux annonces par suite de décision de la Cour d’appel fédérale – mais que ni l’une ni l’autre ne contenait d’indications claires sur l’avenir du projet.

En conférence de presse, le ministre Sohi a dû répondre à la simple question suivante : Est‑il possible que, au terme du processus de consultation auprès des Autochtones, le gouvernement choisisse de ne pas donner suite au projet de Trans Mountain? Le ministre a répondu : « Je ne peux pas présumer de ce qui sera décidé au cabinet ».

Cette réponse a de quoi inquiéter puisqu’elle montre l’inexistence d’un plan d’action et n’offre aucune certitude aux travailleurs qui s’interrogent sur leur avenir. Le gouvernement a dépensé 4,5 milliards de dollars des contribuables pour un projet qu’il ne s’engage pas à concrétiser.

Sans ce projet, le Canada n’accédera pas aux nouvelles possibilités offertes par le marché énergétique de l’Asie. Le projet Trans Mountain est essentiel pour les Canadiens. Nous nous attendons à ce que le gouvernement libéral garantisse la création des milliers d’emplois qui vont de pair avec la concrétisation du projet.


Caucus libéral indépendant du Sénat

Le 4 octobre, pour une deuxième année, le Sénat a observé un moment de silence solennel à l’occasion de la veille des Sœurs par l’esprit pour rendre hommage aux filles et aux femmes autochtones disparues et assassinées, aux survivantes et aux familles des victimes.

Selon les données historiques, entre 30 et 40 filles et femmes autochtones disparaissent ou sont assassinées chaque année. Les chiffres continuent d’augmenter et l’urgence d’agir n’a jamais été aussi claire. La semaine dernière, nous avons appris quel triste sort avait été réservé à Mary Madeline Yellowback, une femme autochtone de 33 ans de Gods River (Manitoba). Mary a été trouvée morte à un centre de recyclage dans une zone industrielle du nord-est de Winnipeg. Les paroles de son père, Rex Ross, sont déchirantes :

Je n’aurais jamais pu imaginer perdre ma fille dans une tragédie pareille et que sa vie soit détruite, brusquement terminée.  

Par chance, son corps a été mis au recyclage…

Malheureusement, ses paroles traduisent clairement la façon dont la société canadienne voit les filles et les femmes autochtones : des choses qu’on peut jeter, recycler, ou dont on se débarrasse sans le moindre égard.

L’histoire de Mary nous rappelle tristement et brutalement que, même si le gouvernement fédéral a finalement pris des mesures et mis sur pied une enquête nationale – dont les membres font d’ailleurs le nécessaire pour entendre les victimes et les familles –, il nous reste encore beaucoup à faire pour qu’on observe enfin un changement durable dans la société.